Il y avait
une fois au Royaume des Fées
Une Reine
d’une très grande beauté.
Sa longue
chevelure dorée, ainsi que sa robe tissée d’or
Etaient
parsemées de pierres précieuses.
Avec sa
baguette magique de Reine des Fées,
Elle était
la seule à pouvoir tout transformer en or.
Les Fées,
ses sujets, étaient à l’écoute de ses
moindres désirs.
Elles la
chérissaient et prenaient grand soin d’elle.
Mais sur
son trône en or, la très belle Reine se sentait bien
seule.
Jusqu’au
jour où une Fée, essoufflée, accourut brandissant
un petit bout de papier.
La Fée
du protocole avait sa tête des mauvais jours.
Etait-ce
«des manières » de se présenter ainsi
devant la Reine.
Mais la
petite Fée criait tout excitée :
«
Un poème, un poème ! »
La Reine
intriguée, se pencha en avant, soudain attentive.
Alors, la
jeune Fée se mit à lire d’une voix mélodieuse.
Et la musique
des mots fit même frissonner de plaisir
Les voilages
d’or de la grande salle du trône.
La Reine,
ravie, ferma les yeux, dégustant chaque syllabe.
Elle ne
se lassait pas de l’écouter jusqu’à
le savoir par cœur.
Questionnant
la petite Fée sur la provenance de ce poème charmeur,
Elle apprit
que le vent, venant de la terre, l’avait déposé
devant le palais.
La Reine
voulut savoir si tous les habitants de la terre étaient
des poètes,
Mais aucune
Fée ne sut lui répondre.
Alors elle
décréta qu’elle se rendrait elle-même
sur la terre
Pour y trouver
la réponse et écouter d’autres poèmes.
Les Fées,
catastrophées, voulaient toutes l’accompagner pour
la protéger,
Elles, qui
l’avaient toujours soigneusement préservée
de tout,
N’ignoraient
pas combien le monde des humains regorgeait de dangers
Mais la
Reine ne voulut rien entendre. Elle irait seule. Il restait à
lui obéir.
Il faisait
nuit quand elle arriva sur terre, et les rues étaient désertes.
Seul un
vieil homme, recroquevillé sous un tas de journaux et cartons,
Somnolait
sous le porche d’un immeuble.
Faisant
fi de l’étiquette et du protocole du palais, elle
s’adressa à lui :
«
Bonsoir, Monsieur, permettez-moi de vous demander si vous êtes
poète.
Je me
présente, je suis la Reine des fées. »
L’homme
ouvrit un œil, il y avait bien longtemps que plus rien ne
l’étonnait.
«
Si tu savais comme je m’en fous, en tout cas tu es drôlement
bien sapée.
Et moi
je me présente, je suis le roi des SDF. »
Il partit
d’un grand éclat de rire, se rendit compte qu’il
y avait bien longtemps qu’il
n’avait
pas ri ainsi.
«
SDF cela devait vouloir dire «sans diamants ni fils d’or
»
Se dit la
Reine, lui proposant de changer ses habits en or.
«
Cause toujours ma belle, rien ne t’empêche d’essayer
! » il riait toujours.
La Reine
effleura le vieil homme de sa baguette magique,
Transformant
ses habits en or, les parsema de pierres précieuses.
Incrédule,
le SDF se gratta la tête, ce qui eut comme effet de faire
Tomber quelques
diamants, qui se mirent aussitôt à briller
De mille
feux sous la lumière du réverbère tout proche.
L’homme
se hasarda à faire quelques pas dans ses chaussures en
or,
Puis se
rassit par terre, perplexe.
Son imagination
lui jouait-elle des tours?
Il regardait
la Reine des Fées comme s’il la découvrait
seulement maintenant.
Son regard
allait de ses habits en or à la Fée, visiblement
il réfléchissait.
Soudain
il parut soulagé. Sa décision était prise.
«
Si tu es vraiment une fée, alors rends-moi mes vieux habits,
Vois-tu,
je suis trop vieux pour tout ce tralala.
Tout
ce que je veux, c’est qu’on me laisse en paix. Merci
quand même ! »
Il retrouva
instantanément ses anciens vêtements.
La Reine
se baissa, ramassa les diamants tombés par terre, les tendit
Au vieillard
qui les serra sur son cœur :
«Je
les garderai en souvenir de toi» dit-il,
Avec une petite larme au coin de l’œil.
«
Si tu cherches un poète, alors regarde là haut.
Vois-tu la fenêtre éclairée?
La lumière
reste souvent allumée toute la nuit.
Pour
trouver ton poète, c’est très simple.
Tu prends
l’escalier à droite, tu montes.
Quand
tu apercevras de la lumière
Filtrer
sous la porte, tu sauras que tu es arrivée. »
La Reine
prit l’escalier que lui avait indiqué le vieillard.
L’escalier
était étroit, elle avait du mal à avancer
avec sa longue robe en fils d’or.
Arrivée
à la porte éclairée, elle frappa. La porte
s’ouvrit comme si on l’attendait.
«
Bonsoir, je me présente : Je suis la Reine des Fées.
Etes-vous poète. »
«
Je vis dans mes rêves et j’essaie de survivre très
modestement de ma plume. »
En guise
de plume il lui désigna un petit écran allumé
parsemé de lettres.
«
J’écris sur mon ordinateur et quand la solitude me
pèse de trop, je me connecte
sur
Internet et je suis en contact avec le monde entier. »
Intriguée
la reine voulut voir à travers cette lucarne magique qu’elle
ne
connaissait
pas.
Il lui montra
le site « Ecrits…vains » où il n’y
avait que des poètes.
Soudain
elle vit un gros homme en rouge gigoter sur l’écran.
Elle regardait
fascinée. Elle en avait oublié les poèmes.
«
Ce n’est rien, c’est de la pub, c’est Noël,
et le Père Noël fait vendre. »
Dit le poète
agacé.
Noël
?
Les Fées,
ses sujets, en avaient toujours parlé à voix basse.
«
De la concurrence » s’étaient-elles bornées
à marmonner.
Elle était
bien décidée à en savoir plus.
Elle remercia
le poète pour son accueil et proposa de transformer son
ordinateur
En or. «
Surtout pas ! s’écria-t-il, c’est mon outil
de travail! »
Alors elle
choisit la plume dont il ne se servait plus.
L’idée
ravit le poète. Il garderait la plume en or en souvenir
d’elle.
Avant de
le quitter, elle posa la question qui lui tenait à cœur:
«C’est
quoi, Noël?»
«
C’est un jour que je déteste. » dit le poète,.
«
Ce n’est pas à un solitaire comme moi, qu’il
faut demander cela.
«
Voyez- vous la fenêtre en face? Là où brillent
les petites lampes.
«
Ces gens là fêtent Noël!»
Elle se
promit d’aller voir de plus près.
Quand elle
arriva devant la porte qui correspondait à la fenêtre,
Indiquée
par le poète, elle la trouva entrouverte.
Elle entra
sur la pointe des pieds et eut juste le temps de se cacher derrière
Un grand
arbre qui n’arrêtait pas de clignoter dans un coin
du salon.
La pièce
lui paraissait bien petite comparée à une pièce
de son palais.
Et en plus
les humains y avaient planté un arbre. Drôle d’idée.
Deux enfants
couraient partout en poussant des petits cris.
Ils avaient
l’air bien excités. Une femme et un homme se tenaient
près de l’arbre.
Certainement
les parents des enfants énervés.
Eux aussi
poussaient des grands cris :
«
Oh ! Regardez ce que le père Noël vous a apporté
!. »
La Reine
des Fées, elle aussi, sentait l’énervement
la gagner.
Ce père
Noël, décidément, commençait à
l’agacer.
Les fées
avaient raison, c’était un concurrent redoutable.
Elle toucha
de sa baguette magique deux petits paquets cadeaux,
Transformant
leur contenu en or.
Il allait
voir ce qu’il allait voir, ce Père Noël.
Les enfants
commençaient à déballer leurs cadeaux.
Ils étaient
de plus en plus excités.
Le petit
garçon ouvrait justement le paquet que la fée avait
touché.
Et il se
mit à pleurer très fort. Du paquet surgit une voiture
en or.
Non, il
n’avait pas commandé cela, elle ne roulait même
pas.
Il voulait
une voiture téléguidée. Point.
La petite
fille, elle aussi se mit à hurler. Du paquet tombait un
ours en or.
«
Il n’est même pas articulé, il ne parle pas,
il n’y pas de piles ! »
La Reine
était perplexe. Les parents encore bien plus. C’était
bien de l’or.
- Demain,
c’est promis, les enfants pourront choisir ce qu’ils
voudront !-
Phrase magique
qui arrêta les pleurs.
Le père
ramassa ces singuliers jouets et partit les cacher au fond d’une
armoire.
L’Or,
dans sa famille, «on ne le laissait pas traîner »
En revenant,
il passa si près de l’arbre qu’il buta dans
une petite crèche.
Il en tomba
un sujet ressemblant à un nouveau-né,
Que la Fée,
avec toute cette agitation, n’avait même pas remarqué.
Les enfants
se précipitaient, le ramassaient et lui administraient
de gros baisers
Sonores
sur sa poitrine nue, avant de le reposer délicatement dans
la crèche.
Sur ce,
toute la famille prit le chemin de la cuisine pour le petit déjeuner.
La fée
restée seule, s’approcha, intriguée par ce
petit nouveau-né en plâtre.
Elle se
mit à genoux pour mieux le voir. Il était si petit.
Il l’interpella
directement dans son cœur : « Bonjour, Reine des Fées
»
Surprise,
elle dut constater que seul son cœur avait perçu ces
mots.
«
Vous me connaissez ? Qui êtes-vous? »
«
Je suis l’enfant qui renaît à chaque Noël
au fond de ton cœur »
«
Quel est votre nom?»
«
L’Espérance »
«
L’Espérance? Vous ne parlez qu’a travers votre
cœur,
Voulez-vous
que je le transforme en or ! »
«
Mon cœur contient quelque chose de plus précieux que
l’or. »
«
Dites-moi ce qui est plus précieux que l’or. »
«
L’Amour »
C’est Noël !
Dans la rue, en bas de l’immeuble, s’est formé
un attroupement.
Les gens arrivent de partout.
Il paraît que des Fées, oui, oui, des Fées,
cherchent leur Reine parmi les humains.
Personne ne remarque la femme, vêtue très simplement.
Celle qui a choisi de suivre un enfant.
Sur le chemin de l’Espérance.
Même les fées ne les ont pas vus.
Il est vrai que le chemin de l’Amour est un chemin intérieur.
Conte
de Marie-Jeanne
MAES
Marie-Jeanne
Maes est également vice-présidente du Centre
de Liaison national des Visiteurs de Malades en Etablissements
Hospitaliers et Maisons de Retraite - VMEH -
dont voici l'URL :
www.vmeh-national.com
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