![]() |
|
|||||
| Liste
alphabétique Bibliothèque virtuelle |
Auteur ;
André Gide
André Gide, exalté, sensuel, lyrique. Les Nourritures Terrestres, oeuvre de jeunesse, est un hymne panthéiste. Il célèbre la vie, la nature, le désir. Sa composition est kaléidoscopique. Les genres y sont mêlés : notes de voyages, fragments de journal intime, rondes et ballades, dictionnaire poétique, dialogues fictionnels. Toutes les formes d'écriture sont convoquées pour dire l'ardeur avec laquelle Gide tente d'exister. Il invite le lecteur à éduquer sa sensibilité : tendre vers une acuité de l'instant, du mouvement, du dénuement. Vers l'amour, libéré de ses contraintes morales ou religieuses. Gide rend hommage à la Création toute entière et prône une vie nomade, sans attaches. Son style est à l'images de ses intuitions : libre, sauvage et intensément poétique. "Nathanaël, je t'enseignerai la ferveur". C'est en effet cela que transmet Gide, cet éveil, cet élan à demi-mystique qui rend grâce au simple fait de respirer. --Claire Mazurel amazon.fr Deux proses lyriques à la gloire de la sensation immédiate et de sa jouissance retardée. Oeuvre de 1897 complétée en 1935 qui fut l'un des livres-phares de la littérature française. -- Services Documentaires Multimédia
A dix-huit ans, quand j'eus fini mes premières études, l'esprit las de travail, 1e coeur inoccupé, languissant de l'être, le corps exaspéré par la contrainte, je partis sur les routes, sans but, usant ma fièvre vagabonde. Je connus tout ce que vous savez : le printemps, l'odeur de la terre, la floraison des herbes dans les champs, les brumes du matin sur la rivière, et la vapeur du soir sur les prairies. Je traversai des villes, et ne voulus m'arrêter nulle part. Heureux, pensais-je, qui ne s'attache à rien sur la terre et promène une éternelle ferveur à travers les constantes mobilités. Je haïssais les foyers, les familles, tous lieux où l'homme pense trouver un repos; et les affections continues, et les fidélités amoureuses, et les attachements aux idées - tout ce qui compromet la justice; je disais que chaque nouveauté doit nous trouver toujours tout entiers disponibles.
Nourritures ! Je m'attends à vous, nourritures ! Ma faim ne se posera pas à mi-route ; Elle ne se taira que satisfaite ; Des morales n'en sauraient venir à bout Et de privations je n'ai jamais pu nourrir que mon âme.
Satisfactions ! je vous cherche. Vous êtes belles comme les aurores d'été.
« Les
Nourritures terrestres fut la première de ces bibles écrites
de toute évidence pour moi, presque par moi, le premier livre qui
m'indiquât ce que j'étais profondément et ce que je
voulais être : ce qu'il m'était possible d'être. Gide
est un auteur, un parrain dont l'on ne se réclame plus très
volontiers à présent, et il y a peut-être un certain
ridicule à citer les Nourritures comme son premier bréviaire.
» Les
internautes en parlent : L'hymne à la vie, 28 novembre
2002 Petite
remarque perso : Oui, un beau livre, une "leçon"
de vie que l'on doit apprendre par soi-même. J'ai lu les Nourritures
il y a peu, pourtant, j'en ai tant entendu parler. Elles sont si souvent
citées... Pas possible d'adhérer à tout ce que Gide
nous dit car il y a sans doute une part d'égoïsme à
chercher le bonheur. D'égoïsme ? Et si l'égoïsme
n'était pas où l'on croit, et si être heureux était
le seul moyen de rendre heureux ? Eternelle question. Gide nous offre
sa réponse, à nous de... vivre... |