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L'Or d'Alexandre
L'Or d'Alexandre
 
Olivier Delorme >>> Le site de l'auteur
Aux éditions H & O
Paru en février 2008
448 pages
ISBN : 978-2-84547-163-4
 
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«C'est un de nos principes dans l'existence depuis son crash : refuser obstinément de s'apitoyer ; s'efforcer de prendre la tragédie à revers, de la désarmer par le sourire et par le jeu. la dérision. La politesse de la légèreté - malgré tout. "(Page 86)

Résumé :

Présentation par l'auteur :

Alors que le Louvre vient d’acquérir le mythique trésor d’orfèvrerie hellénistique appelé L’Or d’Alexandre, la restauration d’un tableau de Nicolas Poussin révèle que plusieurs toiles récemment prêtées à des établissements étrangers ont réintégré les réserves du musée sous la forme de copies d’une exceptionnelle qualité. Le scandale est énorme ; il s’amplifie encore lorsque les policiers arrêtent une conservatrice du département des peintures.

Dans le même temps, au cours d’un colloque à la Sorbonne, Athina Poulakas, spécialiste de la Grèce antique, est assassinée d’un coup de javelot. D’autres meurtres à la mise en scène étrange suivront : sont-ils liés, comme le croit la police, à un jeu virtuel qui aurait dérapé ? Ou bien s’agit-il de règlements de comptes entre mandarins qu’opposent d'implacables rivalités de pouvoir ?

L’enquête que mènent Stéphane et Philippe, deux amis d’Athina, les conduira d’un bourg perdu de Grèce centrale jusqu’à un monastère franciscain de Croatie. Ils y feront de troublantes découvertes sur l’Or d’Alexandre et sur un autre trésor maudit : celui des toiles spoliées par les nazis pendant la seconde guerre mondiale. Mais seront-ils en mesure de faire éclater la vérité quand les puissances qui se sont enrichies de ces trafics ont tout intérêt à les faire taire ?

Source : le site de l'auteur

 
"Je comprends mieux ce que nous a dit Marion, hier soir : combien la bonne foi de l'innocent peut finir par apparaître inconsistante, jusqu'à ses propres yeux, face à la cohérence du discours de l'inquisiteur. Combien la seule position d'accusé vous conduit inéluctablement à être pris en défaut, à tenir les propos ou adopter les comportements d'un coupable en puissance. " (Pages 156-157)
 

Extrait :

"Les Grecs ont toujours regardé leurs dieux avec un mélange de révérence et d'ironie. Ils s'acquittaient des honneurs qu'on leur doit pour se les concilier. Ils décrétèrent que les immortels préféraient la peau, la graisse et les os des bêtes immolées, si bien qu'après les sacrifices, les hommes se régaleaient de la viande sans leur déplaire.

"Le vrai péché contre l'esprit c'est le cul de plomb" a écrit Nietzsche. Les dieux uniques sont assis sur le cul de plomb des certitudes monothéistes. Ils invectivent, ils enjoignent, ils interdisent. Il punissent et ils châtrent. Ils exigent la soumission sans la moindre restriction mentale, comme tous les systèmes totalitaires dont ils sont la matrice. Les dieux grecs dansent, festoient. Ils s'enivrent et ils baisent – filles ou garçons. ils s'engueulent, ils rient, se trompent entre eux et se jouent des hommes. Ils ne pouvaient que jubiler à voir s'épanouir une pensée libre et la démocratie.

Demain, Stéphane et Malika pousseront et porteront mon fauteuil de cul de plomb malgré lui, jusqu'au théâtre voué comme tous les théâtres à Dionysos. Car si le sanctuaire appartient à Apollon, durant les mois d'hiver, lorsqu'il part se purifier au Nord du meurtre du serpent Python dont il a pris la place, il en laisse les clés à son demi-frère Dionysos, le dieu de la vie qui surgit et prolifère, couronné de lierre ou de vigne, le dieu de l'exubérance, de cet enthousiasme qui me fait tant défaut."(Page 254)

 
"Plus le pouvoir qu'on se dispute est mince, plus les haines qui naissent de la volonté de se l'accaparer sont violentes" (Page 349)
 

Critique/Presse :


Revue de presse sur le site de l'auteur

Petite remarque perso :

Comment parler de l’Or d’Alexandre d’Olivier Delorme ? J’en ai d’abord repoussé la lecture car je m’étais plongée dans la biographie d’Olivier pour construire son site internet. J’avais besoin de m’éloigner un peu du réel pour savourer pleinement  la fiction… Quelques romans plus tard, c’est chose faite !

Dans ce nouveau roman, Olivier nous tient en haleine. On dit un « thriller »… pourtant l'Or se situe bien au-delà du roman policier. D’ailleurs, il me semble que j’avais déjà dit cela pour La Quatrième Révélation ! Forcément, moi qui ne suis pas une grande adepte du genre, je cherche toujours autre chose quand je lis un roman à suspens... et avec Olivier, il y a "de l'autre chose" !

De même que le trésor acquis par le Louvre doit sa valeur aux différents éléments qui le composent, de même c'est la juxtaposition des thèmes traités dans ce roman qui lui donne toute sa profondeur.  Plus que la juxtaposition, leur imbrication… chacun mettant en lumière l’autre. Car Olivier une fois encore prend le prétexte d’une énigme policière pour nous parler de conflits, de politique, d’histoire, de mythologie, de religions, d'art, d'amour, d'amitié… A l'image du trésor, son roman nous entraîne en de multiples lieux pour mieux nous ramener à l’essentiel : la part d’humanité ou d’inhumanité...

L'histoire du couple formé par ces deux hommes, l’un valide, l’autre accidenté de la vie, assigné au fauteuil , est belle parce qu’elle ne s’encombre pas de fioriture. Elle va au sentiment brut… pur, mais pas d'une pureté éthérée. Le couple a franchi une sorte de seuil au-delà duquel tout peut advenir… en toute conscience, en toute complétude.

J'aimerais aussi parler de Malika, personnage lumineux. L’auxiliaire de vie qui préserve un espace "d'autonomie" à Philippe en lui permettant de ne pas dépendre de Stéphane dans ses gestes quotidiens… qui ainsi préserve le sentiment, lui laisse de la place. Malika, c'est une force vive qui ouvre des pans de liberté. Car ici on parle de tout. Pas de pudibonderie ou de désincarnation. Cet homme en fauteuil n’est pas une espèce d’entité abstraite montée sur roulettes, non… il s’agit d’un homme, d'une personne de vie et de désirs, d’amour et de colère, de corps (brisé) et d’esprit. Un homme vivant, ô combien vivant… La motricité n'est pas toujours dans le seul usage de ses jambes et il est grand nombre de valides beaucoup plus immobiles !

Quant aux mécanismes du thriller lui-même... eh bien... un seul moyen d'en avoir un véritable aperçu : lire L'Or d'Alexandre !

 

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