Un jour à Paris

Salon du livre et autres itinéraires

Le 27 mars 2007

 

Départ Gare de Valence - 6h14, arrivée gare de Lyon Paris 8h40.

Trajet feutré, la nuit : reflet d'intérieur sur les paysages obscurs puis lentement, les images s'inversent, l'extérieur s'impose... Campagne de France, à folle allure dans le carré de fenêtre. Maisons s'éveillant, villages parfois... Trop vite pour en savoir plus.

Lecture : Ô Verlaine de Jean Teulé, roman biographique sur le clochard céleste... Pauvre Lélian. Musique classique entre les oreilles (Schubert, Tchaïkovski) pour ne pas entendre ces conversations à une seule voix qui suivent invariablement les sonneries insistantes des téléphones portables.

   

Paris, métro, à l'heure où les parisiens vont travailler. Visages fermés sur les rêves, regards lointains. La foule se serre dans les rames. Changer à Concorde, puis station Porte de Versailles... Paris facile, Paris fragile, Paris souterrain...

Le Salon du Livre ouvre ses portes. Entrée au coeur du livre. Le plus impressionnant ? la quantité d'ouvrages présentés, les maisons d'édition de toutes sortes se côtoient, des plus grandes aux plus confidentielles. De l'industrie du livre à l'artisanat, des papiers lisses et anonymes aux papiers matières, dont l'odeur enchante. Je promène mes doigts sur les couvertures. Sensualité du toucher : le grain d'un papier, l'irrégularité d'un cartonnage... Emerveillement, sourire. Les scolaires s'agglutinent dans les stands BD...

   

Je rencontre quelques éditeurs de poésie, ils me parlent de leur passion... Un poète dédicace ses Suites Toscanes... J'observe son sourire, son regard lorsqu'il tend l'ouvrage à son lecteur.

J'assiste à une conférence sur l'Inde, donnée par Pascale Haag, sanskritiste et Blandine Ripert, ethnologue et géographe, réflexion à partir de quelques idées reçues qu'il faudra nuancer fortement comme : " L'Inde est un pays sous-développé ", " Calcutta est un immense bidonville ", " Les Indiens sont les meilleurs informaticiens du monde " etc... Leur ouvrage : L'Inde aux éditions Le Cavalier Bleu, collection idées reçues

   

Je quitte le salon vers midi, déjeune avec les étoiles dans la quartier Montparnasse. Terrasse, Paris printemps, Paris soleil.

Au Petit Palais : "Sargent et Sorolla Peintres de la lumière". Une superbe expo présentant en parallèle l'oeuvre de ces deux peintres, l'un américain, l'autre espagnol. Chacun a eu une manière particulièrement éclatante de "mettre en lumière" qui un visage, qui une étoffe, variant la précision du trait pour mettre en valeur ou effacer. J'ai beacoup aimé m'y promener... 

Les jardins s'étirent sous le soleil, les visiteurs profitent de cette jolie lumière, comme empruntée aux tableaux...

   

Le Grand Palais est en travaux et la salle de la grande verrière est fermée au public. mais une expo sur le nouveau réalisme vient d'ouvrir ses portes.
J'ai pu y voir, entre autres, des oeuvres d'Yves Klein, les empreintes de femmes sur les toiles, le bleu électrique. Des affiches arrachées et remises en scène, "lyrisme à la sauvette", les objets, les couleurs, les compressions de César... oeuvres d'art d'un courant qui apparaît à la fin des années 50 "face à une société de consommation et de production industrielle en plein essor, en rupture avec l'immédiat après-guerre". Une sorte de réaction à l'abstraction qui ne peut laisser indifférent. Couleurs, matières, inventivité, quotidien revisité... L'art moderne a parfois quelque chose de ludique.

   

Le jardin des Tuileries est envahi de promeneurs, avides de soleil.

Je me repose un moment devant Le Louvre.

J'ai encore le temps. Je regarde le soleil décliner lentement et colorer les pierres des édifices. Les touristes photographient, s'émerveillent. La lumière chante.

ici le passé se mêle au présent et l'Histoire se conjugue à tous les temps à travers les losanges de verre transparent de la pyramide.

 

Gare de Lyon, en avance, comme d'habitude !

A la Brasserie L'Européen, je commande un croque monsieur et un panaché. Je vais rentrer tard, et j'aime l'ambiance très parisienne de ce grand café. L'horloge extérieure veille.

Ma journée défile... Un plan de Paris, quelques tickets de métro, un billet d'entrée au Petit Palais, des marque-pages offerts dans les allées du salon du livre. Du soleil encore.

Quai de gare, le train est là, je m'installe. Le jour lentement s'éteint. Bientôt, il sera l'heure des étoiles.

 

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