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Présentation de l'éditeur : Isabel Allende se confie : " Presque toute ma vie, j'ai été une étrangère, condition que j'accepte car je n'ai pas d'alternative. Plusieurs fois, je me suis vue obligée de partir en brisant des liens et en laissant tout derrière moi, pour recommencer ma vie ailleurs. Ayant choisi l'exil après le coup d'État du 11 septembre 1973 au Chili, Isabel Allende s'est engagée sur le chemin de la littérature. Aujourd'hui, sur un ton léger et émouvant, elle nous livre son Chili mythique, imaginé dans l'exil, territoire de sa nostalgie, seul pays où elle ne se sente pas une étrangère. Ce portrait contrasté du Chili, où sont évoquées sa géographie, son histoire, sa culture ou ses mentalités, est entremêlé de souvenirs et de pensées personnelles qui retracent tout le chemin d'une vie. La famille extravagante, l'enfance, les rencontres, les voyages. Isabel Allende dévoile les origines et donne les clés des personnages et des lieux qui sont la matière de son œuvre romanesque.
J’avais le sentiment que ma vie était un échec ; à trente-cinq ans, je pensais ne plus avoir d’avenir devant moi, hormis vieillir et mourir d’ennui ? Aujourd’hui, me remémorant cette époque, je comprends qu’il y avait bien des possibilités, mais je ne les vis pas ; contrariée et craintive, je fus incapapble de danser au même rythme que les autres. Au lieu de faire un effort pour connaître et apprendre à aimer la terre qui m’avait généreusement accueillie, je n’avais qu’une obsession : le retour au Chili. En comparant cette expérience de l’exil à mon actuelle condition d’immigrante, je vois combien mon état d’âme est différent. Dans le premier cas on s’en va de force, que ce soit en fuyant ou explulsé, et on a le sentiment d’être une victime à qui on a volé la moitié de sa vie ; dans le second cas, on part à l’aventure, de son propre chef, se sentant maître de son destin. L’exilé regarde vers le passé en léchant ses blessures ; l’émigrant regarde vers l’avenir, prêt à mettre à profit les occasions qui se présentent. (Page 248)
Petite
remarque perso : J'ai bien aimé ce pays réinventé.
Isabel Allende évoque "son" Chili, fort, puissant, torrent
de vie et de mort qui irrigue son coeur, son esprit, et tisse maille à
maille sa propre "culture"... Elle évoque aussI cette
famille atypique où elle puisera plus tard les personnages merveilleux
de la maison aux esprits. |