LES PINGOUINS N'ONT JAMAIS FROID

Andreï KOURKOV

 

 

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"D'ailleurs tous les mots essentiels ne comptent qu'une syllabe : vie, eau, pain. Ensuite viennent les choses moins crutiales : à deux syllabes : amour, chaleur, argent, bonheur. Plus on va vers le futile, plus les mots s'allongent. Victor eut un sourire goguenard à l'intention des termes compliqués qui lui traversaient l'esprit dans le désordre : humanisme, démocratie, constitutionnalité... " Andreï Kourkov

 

Fiche :

Auteur Andreï Kourkov
Traduction Nathalie Amargier
Editeur Seuil
Date de parution de l'édition de poche 02/2005
Première édition française : Liana Lévi 2004
Collection Points
Format 11 cm x 18 cm
ISBN 2020789353

 

Résumé :

Présentation de l'éditeur :

Où l'on retrouve, avec bonheur, les personnages fétiches d'Andreï Kourkov qui firent le succès de son roman Le Pingouin. Victor, journaliste spécialisé dans les rubriques nécrologiques, et son étrange
compagnon Micha, un pingouin récupéré au zoo de Kiev, ont été séparés. A son retour d'Antarctique, Victor se met donc en quête de Micha, sillonne l'Ukraine et la Russie, et va jusque dans les plus sombres recoins de la Tchétchénie. Malgré son incroyable instinct de survie, Victor a fâcheusement tendance à se retrouver dans des situations aussi rocambolesques que périlleuses. Au fil de ses recherches, il va ainsi croiser bien des figures de l'ancienne Union soviétique, livrée aux désordres en
tout genre, à la mafia, à la corruption de la police et des hommes politiques. Sans compter la mort qui rôde en Tchétchénie et avec laquelle il va devoir composer...

 

Extrait :

- Sonia, c'est toi ? demanda Victor, tout heureux.
- Tonton Vitia?
-Oui, c'est moi ! J'ai retrouvé Micha !
- Il est où ?
- Il est parti à Moscou...
- Qu'est-ce qu'il fait là-bas ?
Elle semblait peinée et surprise.
- Il travaille dans un zoo...
- Quel genre de travail ?
- Pingouin.
- C'est possible, ça ?
La question fit sourire Victor.
- Pour lui, oui.
- Mais moi, je peux pas faire Sonia, comme métier ?
- Non, et moi non plus, je ne peux pas faire Vitia... Mais un pingouin, il peut faire pingouin au zoo, un éléphant aussi peut faire éléphant. Les animaux, ils ont le droit.
- Ah bon ? D'accord, concéda-t-elle. Alors moi, je voudrais bien faire Sonia toute ma vie.
Elle ne voulait pas en démordre.
- Et tu ferais quoi ?
- Je ne sais pas, je ferais Sonia toute la journée.
- Sonietchka, c'est très difficile d'être soi-même...
- Je sais ! (Pages 72-73)

Chaque pays est une sorte d’immense corps composé de milliers d’organes et de millions de petites cellules qui s’agitent en tous sens, les humains. Plus ce corps est grand moins il est sain. Il faut en permanence le traiter, l’opérer, anesthésier certaines parties en espérant ne jamais avoir besoin de recourir à une anesthésie générale. Cette crainte contribue à multiplier les anesthésier locales. Tous les organes et toutes les cellules concernées adoptent alors un comportement étrange, en fonction de la puissance du produit. Pour entrer ou sortir de ces zones, il faut être soi-même anesthésié, totalement, afin de ne ressentir ni douleur ni émotion trop vive en passant la frontière, et rester indemne. (Page 266)

 

Critique/Presse :

Vous êtes beaucoup plus optimiste que Victor et que la plupart de vos personnages ! ...
A.K. C'est normal. Je me suis déchargé sur eux de mon pessimisme et de ma passivité. C'est ce qui me permet d'être optimiste et actif ! (Extrait d'interview - L'Express Livre

Un roman à l'humour grinçant, sombre et puissant.

C'est avec Les pingouins n'ont jamais froid, en 2002, que Kourkov s'est imposé, après avoir connu la censure. Ce roman décapant est une fable animalière qui décrypte les mécanismes d'une société où l'Homo sovieticus a longtemps vécu en troupeau, coincé entre la faucille et le marteau dans les étables du collectivisme. Micha, l'étrange héros de Kourkov, est un pingouin égaré que son propriétaire cherche désespérément à travers la Russie; pour le retrouver, il écume un pays désemparé, dont il observe les coulisses en croisant des mafieux éthyliques, des politiciens hébétés, des flics pourris et des escrocs de tout acabit. Mêlant absurde et bouffonnerie, ce roman ressemble à un requiem parodique, dans le sillage des comédies gogoliennes. Magazine Lire

Les pingouins n'ont jamais froid est digne de son prédécesseur. Cette suite est totalement réussie : elle ne lasse pas ! Au contraire, la diversité des cadres spatio-temporels, la multiplication des péripéties qui se renouvellement jusqu'aux dernières pages mêmes, et la force de la critique des régimes post-soviétiques font de ce roman un très bon récit. Presque meilleur que l'original ! http://lireplus.mabulle.com/

Petite remarque perso : J'ai été ravie de retrouver les personnages de Kourkov, même si ce deuxième volet de l'histoire du pingouin est parfois beaucoup plus sombre que le précédent. Victor parcourt le pays, toujours à la recherche de Micha. Il hante les milieux politiques, flirte un instant avec la finance, la mafia rôde toujours dans ses gros 4X4 Mercedes... Dans son désir de retrouver son pingouin Victor se retrouve brusquement en Tchétchénie et découvre une guerre dont il n'avait pas vraiment conscience jusqu'alors. Parachuté dans un autre monde, qui ressemble à l'enfer, avec la fournaise du crématorium... il continue à avancer en funambule et s'aperçoit finalement que les "règles de bases" de ce pays déboussolé restent les mêmes quelque soit le lieu où il se trouve... et quelques soient les circonstances. Il y a toujours quelqu'un pour tirer profit d'une situation, toujours quelqu'un pour la subir... Cet "épisode" tchétchène est une lourde parenthèse qui ne semble jamais pouvoir se refermer. Puis aussi soudainement qu'il y était arrivé, Viktor s'en trouve "éjecté". Retour au monde et à la vie...

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