LA QUATRIEME REVELATION

Olivier DELORME

 

 

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"Il n'y a pas plus de pardon que d'amour du prochain, pour Nikos ; il y a l'amour de ceux qui lui sont aimables, la haine de ceux qui lui sont haïssables - le droit à la dignité, pas la charité, pour les autres." (Page 301)

 

Fiche :

Auteur Olivier Delorme
Editeur H&o
Date de parution 09/2005
Collection Litterature Francaise
Nombre de pages 384 pages
Format 15 cm x 22 cm
ISBN 2845471009

 

Résumé :

Présentation de l'éditeur :

Tout commence dans la crypte d’un monastère grec, autrefois dédiée à Hermès, où Julien Bergeret découvre d’antiques manuscrits couverts de signes étranges. Ancien juge d’instruction chargé d’affaires politico-financières qui a repris les études byzantines de sa jeunesse, il se lance avec passion dans le décryptage de cette mystérieuse écriture.
Et là… c’est la stupéfaction : révélant une des plus grandes impostures de l’histoire de l’humanité, ces parchemins mettent en cause l’un des piliers du christianisme.
Pour le Primum Agmen Christi, une congrégation réactionnaire proche du Vatican, la divulgation de ce scandaleux secret est simplement inconcevable et doit être empêchée à tout prix.
Au même moment, Alain Perrault, candidat déclaré à Matignon — et peut-être bientôt à l’Élysée —, cherche à récupérer un document compromettant qu’il pense être entre les mains de l’ancien magistrat.
Corruption, manipulation, intimidation : Julien, son compagnon Nikos et Clémence, l’amie de toujours, se retrouvent alors confrontés à des puissances résolues au pire pour parvenir à leurs fins.

 

Extrait :

Le christianisme, contrairement à ce qu’il ne cesse de répéter, n’est pas une religion des humbles, jamais, nulle part et pas plus dans les temps primitifs que par la suite. Les humbles se contentent fort bien du merveilleux, de la médiation des idoles, du culte des sources ou des forces de la nature. Partout, dans l’Empire romain, c’est le peuple d’abord qui est violemment antichrétien, parce que les chrétiens veulent le priver de ses dieux, de ses points de repère dans l’univers. Il faudra que l’Eglise lui concède le culte de la Vierge et des saints pour christianiser la surface, pour se rendre acceptable aux humbles. Mais quand Paul prêche l’obéissance aveugle aux esclaves, la soumission sans restriction mentale aux pauvres et la docilité silencieuse aux femmes, lorsqu’il leur promet le bonheur éternel dans l’autre monde, c’est pour mettre de son côté, dans ce monde-ci, les maîtres, les riches et les pères de familles – les puissants. Dès qu’il débarque à Chypre, son premier soin n’est pas d’évangéliser le peuple mais de convertir le gouverneur : la logique de Paul est celle qui aboutit à la conversion de Constantin. Quant à son deuxième coup de génie, c’est d’avoir compris que, dans les élites, seule l’angoisse pouvait vaincre l’intelligence, que, pour s’assurer l’empire des âmes, il fallait combattre l’aspiration philosophique à la sérénité par l’angoisse du salut (Page 150)

Combien de fois me suis-je avisé, dans mon cabinet d’instruction, que les membres de cette caste (aussi impérieuse, insolente et inconsciente des réalités que la nomenklatura des anciens pays de l’Est) ne comprenait pas, sincèrement, ce qui leur arrivait !? Comment pouvait-on leur reprocher, à eux, d’avoir fait réaménager de fond en comble un loft du sixième arrondissement pour leur fils chéri, oisif et sans talent, ou d’occuper un appartement de 700 m², le tout aux frais du contribuable qu’ils traitent par ailleurs de drogué de la dépense publique ?! Enrichissement personnel ? Allons donc ! cela ne les effleure même pas tant ils ont intégré que les prébendes, les frais de bouche, les voyages gratis, les passe-droits, les commissions et les dessous-de-table, les cadeaux en échange de l’attribution d’un marché préalablement fractionné pour éviter l’appel d’offres, les prêts gratuits d’un ami banquier remboursés en pacotilles, les valets mis à disposition par la mairie ou les vacances d’études payées par le Conseil régional, ne constituent pas même des fautes vénielles mais qu’ils leurs sont bel et bien dus, aussi légitimes à leurs yeux que les privilèges de la noblesse d’Ancien Régime à ceux du duc de Saint-Simon. (Page 177)

J’ai eu une chance folle dans ma vie : des parents qui m’ont prodigué tout l’amour que peut espérer un homme ; un amour qui, pour le reste de l’existence, procure une force incroyable, permet de se construire une colonne vertébrale, de conserver, aux pires moments de doute, une confiance viscérale dans l’avenir ; j’ai rencontré Nikos et on s’est aimés, tellement, tellement bien, sans s’étouffer, sans exiger de l’autre ce qu’il ne pouvait pas donner ; on s’est aimés avec tendresse et dérision, on s’est aimés de corps et d’âme, avec humour et détermination ; on s’est aimé dans la durée et la stupéfaction mutuelle d’avoir eu l’incroyable veine de s’être trouvés, et l’incroyable talent de ne plus se lâcher ; et puis j’ai eu Clémence, la chaleur de l’amitié la plus sincère, qui aurait souhaité plus mais qui ne m’en a jamais voulu de ne pouvoir lui offrir davantage ; Clémence qui, dans la pire des purées de pois, indique le nord mieux qu’une boussole ; Clémence la juste, l’énergique, toujours maîtresse d’elle-même et de ses passions, la femme la plus digne d’amour qui soit mais qui ne désirait que le mien ; Clémence qui m’aimait tant qu’elle parvenait à être heureuse de mon bonheur sans elle. (Pages 255/256)

 

Critique/Revue de Presse :

Enfin une variante originale du Da Vinci Code ! Gérard Meudal - Le Monde des livres (25 novembre)

La Quatrième Révélation ressemble à un thriller " davincicodesque " grec, mais en français. Corruption, manipulation et intimidation en prime. Pour leur 100e titre, les éditions H&O font très fort. Métro (25 novembre)

Une histoire trépidante, au suspense haletant, où la critique politique et la dénonciation des travers des religions monothéistes sont virulentes et jubilatoires… Une enquête politique et théologique palpitante où l’on retrouve les thèmes chers à l’auteur. À dévorer ! Gus (Belgique ; n°27, novembre)

Éditorial du rédacteur en chef consacré à la dernière instruction du Vatican : "Pour ceux qui en douteraient encore, plutôt que dans son nouveau catéchisme en forme de bréviaire de l’interdiction tous azimuts, on conseillera de plonger dans le réjouissant thriller théologique d’Olivier Delorme, cette Quatrième Révélation (H&O édition) qui dévoile les arrière-pensées et les refoulés homos pas jolis-jolis de deux mille ans de christianisme." Illico (n° 139, 2 décembre) et e-llico.com

Une vraie réussite, tant par son impeccable construction de thriller métaphysique situé quelque part entre Da Vinci Code (en mieux) et Le Nom de la rose, que par la maîtrise de l’écriture dont fait preuve l’auteur… Dans sa charge drolatique (et ultra-référencée) contre l’homophobie historique de l’Église catholique, dans sa peinture de la société française, dans toutes ses dimensions (politiques, historiques, humoristiques, religieuses…) ce roman est imprégné d’un bout à l’autre d’une savoureuse culture homosexuelles. Illico (n° 138, 2 décembre) et e-llico.com

Olivier Delorme maîtrise parfaitement l’art de l’écriture romanesque et de l’intrigue policière, deux genres littéraires que peu d’auteurs savent combiner avec succès… Après avoir lu La Quatrième Révélation, je peux vous affirmer que nous venons d’assister à une autre grande révélation : le génie littéraire de Delorme ! Ce roman est un chef d’œuvre. Rgmag.com et RG (n° 280, janvier 2006)

La Quatrième Révélation est en passe de devenir un des événements phare de la fin 2005… Un polar théologique gay qui tient le lecteur en haleine d’un bout à l’autre du récit… Les descriptions de la Grèce donnent envie de courir chez le tour opérateur le plus proche… On partage l’histoire d’amour de Julien et Nicolas, ce qui nous vaut une des plus belles lettres d’amour qu’un homme puisse écrire à celui qu’il aime, toute en finesse, en retenue et en tendresse. En fait, cette vie amoureuse se mêle étroitement à l’intrigue, comme les deux serpents du caducée, afin de nous offrir un vrai moment de bonheur. La Référence (n° 32, Noël 2005)

Le Da Vinci Code n’a qu’à bien se tenir, le Delorme nouveau est arrivé et c’est un coup de maître. People Sud (n°8, décembre2005-février 2006)

 

Petite remarque perso :

Avant tout, j'aimerais publier ici un mail reçu d'Olivier Delorme le 01/12/2005. J'espère qu'il n'y verra pas d'inconvénient. Merci encore Olivier, pour votre gentillesse, votre délicatesse, et cette fidélité qui me touche. Aujourd'hui, votre roman "obtient un peu plus chaque jour, de visbilité médiatique, de notoriété". Je sais combien vous en être heureux...

Rassurez-vous Régine, c’est un faux thriller et un faux Da Vinci Code (que je n’ai pas lu) ! Ce qui m’a amusé dans cette entreprise c’est de jouer avec un genre, de le tordre, de m’en servir pour dire, par ce truchement, j’espère avec humour et en utilisant le suspense, le mystère, des choses graves sur la société d’aujourd’hui et notre « héritage chrétien ».

Ce livre n’est pas né plus légèrement que Le Château, il est né dans une signature du Château, de la conversation avec un ami, dont le compagnon est avocat et qui défendait alors, comme partie civile, la famille d’un garçon horriblement torturé et mort étouffé dans son sang – meurtre homophobe dont personne n’a parlé, pas plus que des jeunes gamins pendus pour homosexualité à Téhéran cet été.

Et je me suis alors demandé pourquoi tant de haine, pourquoi tant de volonté d’humilier et de faire souffrir dans ce type de meurtre… pour remonter à Saint Paul.

Rien de léger dans le propos de départ donc. Et une grande parenté avec Le Château (et avec mes deux premiers aussi, qui s’attachaient à l’injustice faite aux résistants grecs, à l’oubli des victimes de la dictature des Colonels) ; la volonté de redonner la parole à qui en a été soudain privé par l’injustice, de restituer, d’inscrire la mémoire de victimes qu’on tue une seconde fois en refusant d’en parler, en les ensevelissant dans l’oubli.

PH-J Catinchi du Monde des livres, que j’ai connu cet été et qui n’avait pas lu Le Château lors de sa parution, les a lus dans la foulée cet automne et m’a dit des choses extrêmement touchantes et sensibles… sur le déséquilibre profond dans lequel l’a plongé Le Château (je crois presque l’entendre lorsque je relis votre message ci-dessous), et qu’il avait été « soulagé » de constater en commençant La Révélation que je ne l’entraînerais pas de nouveau vers cet état-là, que cette Révélation était en effet, en apparence, plus ludique, qu’il croyait comprendre combien j’étais joueur, mais qu’il y avait bien dans les deux livres, le même univers, sous les différences d’apparence, une profonde communauté de propos. Et cela m’a fait… plus que plaisir !

Je fais mon métier d’écrivain avec passion et application ; je fais mon métier d’écrivain pour éveiller la curiosité, l’intérêt et ce que vous me dites sur Cavafis me réjouis (à Lyon, des lecteurs m’ont dit qu’après avoir lu ma Révélation, ils se sont précipités dans une librairie pour trouver un bouquin de mythologie… quel plaisir, là encore !), je fais mon métier d’écrivain parce qu’il m’est devenu indispensable et que toute ma vie s’est réorganisée, en dix ans, autour de cette exigence-là.

Mais je fais mon métier d’écrivain, aussi, pour être lu et les obstacles sont parfois tellement décourageants, tant le monde littéraire est solidement cadenassé, que des témoignages comme le vôtre, Régine, me vont droit au cœur. Qu’on ne peut pas les oublier ni leur être infidèle… ou bien alors on n’est plus ce que je suis.

Moi aussi j’étais ému de vous rencontrer, de savoir que vous vous étiez déplacé pour cette rencontre ; anxieux, également, comme toujours, de ne pas vous décevoir. Parce que si je n’ai pas oublié votre critique, c’est d’abord, je crois, parce que j’ai ressenti entre elle et ce que j’écris une profonde connivence, celle de l’émotion sincère.

Je vous embrasse… en attendant votre « jugement » avec fébrilité et crainte

Olivier


Mon "jugement" donc... ;o)

J’ai lu plusieurs critiques du dernier roman d’Olivier Delorme… Certaines l’ont décrit comme la version gay du Da Vinci Code. Mais j’avoue ne pas avoir lu cet ouvrage.

Olivier sait combien son Château du silence m’avait bouleversée, mise à mal parfois. Il m’avait aussi prévenue que sa « révélation » était, « d’apparence au moins plus légère ». Cependant, cependant… Comment dire ici ce que j’ai ressenti à la lecture de ce dernier roman.

Bien sûr l’intrigue (je devrais dire les intrigues, même si parfois leurs chemins se croisent et s’entrecroisent) est bien ficelée, l’histoire des manuscrits en écriture phallique, la découverte que St Paul était du genre à prêcher le « faites ce que je dis mais pas ce que je fais »… L’église largement « égratignée »… Quant aux pages évoquant les « magouilles » politico-financières, entre humour et stupéfaction entre fiction et impression de déjà vu, déjà entendu… Un vrai régal pour le lecteur. Et puis l’intensité aussi, en particulier dans la dernière partie du roman, l’émotion… la gravité.

Pourtant, c’est au-delà que va mon commentaire.

Olivier nous présente ici un couple homosexuel, celui de deux hommes épanouis dans leur vie personnelle, dans leur vie sexuelle aussi. Et petit à petit, le lecteur entre dans leur univers… Et il n’est plus besoin de dire « ce couple est homosexuel », mais seulement, ce couple est un couple parmi les autres. Car le bonheur du juge avec son bel Hermès, est un bonheur qui n’a pas besoin de qualificatif… L’idéal de tolérance sera sans doute atteint le jour où il ne sera plus nécessaire de préciser quoi que ce soit… Un couple étant un couple, un échange, un partage… Les choses peuvent être si simples…

Mais elles sont simples dans l'intimité, au delà de ce cercle de vie, elles se frottent aux réalités, au regard des autres. Ce regard est parfois bienveillant, mais souvent... il rejette... voire pire. C'est pour cette raison je crois que les deux livres d'Olivier que j'ai lus me semblent si empreints de cette gravité. De cette volonté de l'auteur de dire ce qui le plus souvent est tu, voire étouffé.

Comme il est regrettable que l'être humain, manque si souvent et si cruellement de cette humanité qui devrait pourtant nous être… évidence.

Olivier prête ses mots à ceux qui n’ont pas toujours les moyens de dire… d’exprimer. Il donne son héros à ceux qui ont subi dans le silence et l'ignorance, les pires sévices.

Et puis le clin d’œil de la quatrième révélation au château du silence, l’œuvre qui illustre la couverture du château est décrite dans la révélation… Un tableau merveilleusement fort… d’un homme nu, trois quart profil, dont une partie du corps est dans la pénombre et dont le visage est absorbé par cette même pénombre, noire, obscure, de douleur ? de reniement ? de solitude ? J’avais déjà trouvé cette couverture très forte lorsque je l’avais découverte. D’une beauté si pure…

Alors plus de légèreté que dans le château peut-être, mais pour moi, les deux ouvrages se « répondent »… et restent indissociables. Comme si sur le même miroir se dessinaient deux reflets, différents et pourtant, jumeaux.

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