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Auteur Jim
Harrison
Ce roman, sans doute le plus ambitieux et le plus impressionnant de Jim Harrison, reprend certains thèmes et la plupart des personnages rencontrés dans DALVA. Il s'agit d'une grande fiction américaine où, comme dans Dalva, se mêlent les genres épiques, lyrique et dramatique pour former une vaste fresque à la fois poétique et réaliste, truculente et nostalgique, brassant l'histoire de l'Amérique, depuis les guerres indiennes et les massacres qu'on sait, jusqu'à nos jours. Jamais sans doute Jim Harrison n'a aussi bien évoqué ce mélange de profane absolu et de visions sacrées qui constitue selon lui l'existence. Jamais il n' créé avec autant de verve et de sensibilité, de puissance et de finesse, des personnages plus grands que nature.
A l'âge
de quarante-six ans, je peux m'attarder devant l'évier de la cuisine
et regarder la cour de la grange où l'événement s'est
produit, en me sentant submergée de bonheur à l'idée
d'avoir retrouvé mon fils. Ses deux parents étaient problématiques
et je crois que sa mère l'est toujours. Je l'ai conçu au
bord de la rivière, alors que je portais une robe de baptême,
à quinze ans. Le père, Duane Cheval-de-Pierre, avait seize
ans; il a dérivé loin vers le passé, mais sa mort
déjà ancienne n'entame pas la vivacité de son souvenir.
Je me demande si quiconque peut s'éloigner de la terre et l'observer
avec lucidité pendant plus de quelques secondes. Bien que d'une
certaine manière nous formions un seul corps, je ne suis pas stupide
au pont de croire que je suis sa mère au sens le plus fort du terme,
la femme qui élève et éduque de son mieux, au jour
le jour. Nous sommes ce qui reste de son père et de mon père,
Ruth exceptée qui était trop jeune pour s'en souvenir et
qui s'effarouchait et rentrait dans sa coquille en présence de
Duane. Au bout de sept mois, je crois que nous devenons les amis les plus
intimes qui soient et peut-être quelque chose de plus, qui n'entre
dans aucune catégorie connue. Lorsque je le vois par la fenêtre
à l'aube ou au crépuscule, dans une lumière légèrement
brouillée, il est parfois mon père et parfois Duane. Quand
il m'a ramenée à la maison en voiture le jour où
j'ai perdu mon emploi, je me suis sentie très malheureuse ce soir-là,
en proie à une rage tardive ; nous sommes restés assis devant
la cheminée et il m'a pris la main pour la serrer dans la sienne.
Que pourrais-je demander de plus ? (Pages 440 – 441)
Jim Harrison, de son propre aveu, s'inspire beaucoup de sa vie. Ce grand et gros livre est à la fois épique et poétique, lyrique et foisonnant, rempli de tendresse et de violence et, avant tout, d'un amour profond pour la nature et pour les êtres. Les Notes Bibliographiques, une publication de l'Union Nationale Culture et Bibliothèques pour Tous. S'il existe chez Jim Harrison, indéniablement, une force des grands espaces, cela vient de l'intérieur, pas du gigantisme, ni de l'accumulation ... "La Route du retour" se présente comme une suite de journaux, où vivent cinq générations du clan Northridge, des années 1950 aux armées 1980. Leurs souvenirs remontent jusqu'aux guerres indiennes ... Chacun se passe la trame, chacun y mêle son propre fil - même si la Parque ne se fait jamais oublier, veillant à ce que les amours finissent mal, en dépit de leur splendeur. (Jean-Maurice de Montremy, Le Magazine Littéraire, 01/11/1998) L'histoire de "La Route du retour" peut sembler simple, linéaire. Il n'en est rien ... C'est un maelström, un ouragan dont on est la victime consentante, ravie. (Bruno Corty, Le Figaro, 25/09/1998) "La Route du retour" a des allures de testament, qu'aucune amertume ne trouble, qu'aucune rancoeur ne souille. A travers Northridge, le patriarche, digne et affaibli, semble percer la voix de l'auteur, qui lui aussi rêvait de peindre la vie. ("Je n'avais pas de talent ! Je suis devenu écrivain !") La vie, Jim Harrison ne l'écrit pas. Il la donne, à sentir, à saisir. Car malgré l'insidieuse désespérance à vivre, malgré la mort perfide, inéluctable, qui au final unit tous les hommes, il y a, infaillible, la bonté Harrison. Il aime ses personnages. Il aime les hommes. (Martine Laval, Télérama, 23/09/1998) Ce livre dense est vraiment son chef-d'oeuvre. C'est une symphonie américaine, avec des accents zen, des mélopées de sorcier, le chant des pistes où les ours dansent, le murmure de la rivière Niobrara. (Manuel Carcassonne, Le Point, 19/09/1998) Plongez ! Sans hésitation. Nagez, laissez-vous emporter, rouler, broyer, fracasser ... Par cette écriture tout d'abord, d'une densité effroyable, terrifiante, géniale, qui jamais ne permet l'abandon, le décroché, la petite faiblesse ... Elle est l'arme d'un bretteur retors, d'un poète violent qui sans cesse et toujours, Cyrano du Michigan, frappe en tierce et fouette haut. Au coeur de la cible : l'histoire de son pays. (Fabrice Lanfranchi, L'Humanité, 18/09/1998) A force d'arpenter à grandes foulées le ciel immense de son Amérique végétale, de boire du bon vin dans sa maison perdue et de réfléchir sourcils froncés à la philosophie zen, Jim Harrison, le grand Jim des grands espaces, nous mitonnait, c'est sûr, un roman colossal. Dont acte ! "La route du retour" est un pur chef-d'oeuvre. Ambitieux, foudroyant. (C.A., Lire, 01/09/1998) Les
internautes en parlent : Enorme!, 26 mars 2003 Petite remarque perso : Que dire de plus ? J'ai adoré Dalva et La Route du retour est un bouquin génial aussi... je l'attendais, et je l'ai acheté dès sa parution, ce que je fais assez rarement, sauf pour les grands coups de coeurs pour lesquels je n'ai pas la patience d'attendre les collections de poche !!! |
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