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Si
l’aïeul avait raison, la terre faite par le castor et
à l’image de sa maison ne pouvait être que ronde.
Le mâle ayant fait sa cabane au-dessus et la femelle au-dessous
et à l’envers, la terre avait grossi entre les deux
cabanes. Depuis lors, le monde est rond, soutenu par les souffles
du vent dans l’immensité des esprits.
(Extrait)
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Béothuks
: Groupe d'autochtones vivant autrefois à Terre-Neuve, mais
qui sont aujourd'hui décimés. Ils habitaient sur cette
île bien avant les contacts européens et appliquaient
de l'ocre rouge sur leurs canots, ce qui pourrait être à
l'origine du sobriquet " Peaux-Rouges " employé
par l'homme blanc dans l'ensemble de l'Amérique du Nord coloniale.
En raison de la colonisation européenne, des altercations
et des maladies contres lesquelles ils n'avaient aucune immunité,
le dernier des Béothuks est mort à Terre-Neuve en
juin 1829. Encyclopédie canadienne online
Les Béothuks ont été les premiers habitants
indigènes de la portion insulaire de Terre-Neuve. Ces chasseurs-cueilleurs
de langue algonquine ont occupé à une époque
la plus grande partie de l'île. Une combinaison complexe de
facteurs a provoqué la disparition des Béothuks :
en 1829, leur dernière représentante connue, Shanawdithit,
s'éteignait à St. John's.
© 1997 Ralph T.
Pastore
Unité d'archéologie et Département d'histoire
Memorial University of Newfoundland
http://www.collectionscanada.ca/premierescommunautes/jeunesse/021013-2021.1-f.html
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Fiche
:
Auteur Bernard Assiniwi
Editeur Actes Sud
Collection Babel, numéro 398
Nombre de pages 515 pages
Format 11 cm x 18 cm
Poids 450 grammes
ISBN 274272463X
L'auteur
a bénéficié d'une bourse du Conseil des Arts du Canada
en 1988 afin d'effectuer les recherches qui ont conduit à cet ouvrage.
Résumé
:
Présentation
de l'éditeur :
Aux alentours
de l'an mil de notre ère, un jeune Indien Béothuk, Anin,
fait le tour de ce qu'il croit être "le monde" : l'île
de Terre-Neuve. Ce périple, et sa rencontre avec des Vikings établis
au nord de l'île, ouvrent brusquement, pour lui et son peuple, l'espace
de la géographie et des civilisations. Fondateur d'un nouveau clan,
Anin est l'ancêtre de tous les personnages dont la geste de huit
siècles, ici racontée à plusieurs voix, finit par
former, jusqu'au terme d'un lent et inexorable génocide, la saga
d'une nation aujoud'hui disparue.
Extrait
:
Camtac disait que l’apprentissage
durait toute la vie et que se perpétuer en ses enfants ne lui apporterait
rien de plus que ce qu’il aurait enseigné à ses successeurs
dans ce monde. Que la connaissance totale ne venait que de la mort et
de la réincarnation en d’autres êtres. C’est
ainsi que la connaissance vient aux humains. Dans une vie on se suffit
à soi-même. Dans la réincarnation, on apprend aux
autres. Dans la sagesse de la connaissance, on transmet à ceux
qui viendront la mémoire de ceux qui ne sont plus. Et c’est
ainsi que survit un peuple, une nation. Tout le savoir d’un homme
ne sert à rien s’il n’est pas transmis. Toute transmission
ne sert à rien si elle n’est pas comprise. Il faut donc toujours
avoir les oreilles propres pour entendre et les yeux ouverts pour voir
et comprendre. Voilà le secret de l’existence des Béothuks.
C’est pourquoi, selon Camtac, les Béothuks vivraient toujours,
même quand mourrait le dernier. Ils continueraient de vivre en d’autres.
Dans d’autres mémoires. Dans d’autres apprentissages.
Camtac disait que les Béothuks étaient éternels.
Ils étaient la vie. Il y aurait toujours des Béothuks dans
le monde entier. Car il y aurait des choses à apprendre. Ils sont
éternels par leur besoin de savoir, de connaître, de donner.
Le Malouin avait écouté
le père de sa première épouse sans jamais l’interrompre,
selon une coutume béothuke que Le Guellec avait vite apprise.
" Si tu veux apprendre, regarde
et écoute. Ne pose pas de questions inutiles. Tu pourrais forcer
les gens à mentir. Souviens-toi de ce qu’à dit l’aïeul
Anin sur le mensonge dans son récit sur son voyage. Le mensonge
est mal et mérite la mort. Le mensonge, c’est la mort. Seule
la vérité existe. Seule la vérité doit vivre.
Le mensonge tue, le mensonge fait mal à l’intérieur
et ronge qui le commet. La vérité la plus laide vaut mieux
que le plus beau des mensonges. "
Si le mensonge
tuait vraiment, tous les Français seraient morts depuis longtemps,
songeait l’ancien marin de l’équipage de Jacques Cartier
pendant son voyage vers les autres villages béothuks de l’île
des Addaboutiks, les Hommes-Rouges.
(Page 281-282)
Critique/Presse
:
“ Rarement un roman historique
aura réussi à traduire avec une telle profondeur l'âme
et la détresse d'un peuple se sachant condamné à
disparaître. Cette prouesse littéraire, nous la devons à
l'écrivain-historien Bernard Assiniwi dans sa Saga des Béothuks.
”
(François Normand, Le Devoir, 13 mars 1999)
Un internaute,
Montréal, Canada : Regard très juste sur la
disparition d'un peuple.
Bernard Assiniwi trace l'histoire d'un peuple amérindien qui fut
obligé de se défendre contre toutes les tentatives de colonisation
à partir des Vikings jusqu'aux Anglais qui, eux, réussirent
à les exterminer complètement en 1829. Sans se montrer amer,
l'auteur montre avec justesse les horreurs des colonisateurs. Malgré
les 500 pages du roman, le tout défile à un train d'enfer.
Une écriture simple permet aux lecteurs de bien saisir les enjeux
politiques. Les informations sur ce peuple disparu nous permettent aussi
de bien saisir les us et coutumes de gens dont on s'est moqué parce
qu'ils étaient imberbes et qu'ils s'enduisaient d'ocre, une poudre
rouge, afin d'éviter les piqûres des moustiques, très
nombreuses sur le territoire qu'ils habitaient, soit aujourd'hui la province
de Terre-Neuve, une île située près de St-Pierre-et-Miquelon.
Petite
remarque perso : Et quelle saga ! De la fondation du clan de
l’ours qui marque le début de la nouvelle nation béothuke
jusqu’à l'implacable génocide perpétré
contre ce peuple… par les Européens.
On dit que les Béothuks sont à l’origine du terme
peau-rouge que les navigateurs ont attribué aux autochtones à
cause de l’ocre rouge dont ils se peignaient le corps et le visage.
On dit beaucoup de choses. Bernard Assiwini raconte l’histoire aussi
près que possible de ce qui a été… Il évoque
l’autre côté de la conquête du nouveau monde.
Et il n’est pas toujours aussi gratifiant qu'on nous l'apprenait
à l’école. Comment étaient perçus ceux
qui arrivaient par la mer sur ces grands navires à voiles, qui
donnaient une parole qu'ils reprenaient souvent bien trop facilement.
Les enlèvements, l'esclavage, l'appât du gain, l'or, les
massacres ...
Depuis Anin qui part pour le tour de son monde, en fait, l’île
de Terre-Neuve, la saga s’étend jusqu’à cette
année 1829 ou s’éteint la dernière «
sauvagesse » terrassée par la tuberculose.
Vers l'an mil, les premiers
« visiteurs » étrangers furent les Vikings. Certains
d’entre eux se mêlèrent aux Béothuks. Plusieurs
centaines d’années plus tard, quand arrivèrent les
anglais, ou les portugais, les français aussi, ces « indiens
» étaient décrits comme clairs de peau et grands.
Sans doute à cause de ce lointain métissage.
Je n’avais jamais entendu parler des Béothuks. L'auteur-historien
nous livre une incroyable fresque, fruit de ses longues recherches, même
si peu d'éléments concrets ont réussi à traverser
les siècles. Ce livre se lit passionnément, mais la dernière
partie comporte quelques scènes assez éprouvantes. Pourtant,
le ton reste juste, sans haine, sans amertume. Par tous les moyens, la
communauté essaie de survivre, de se souvenir, de perpétuer
la tradition orale, apprendre, savoir, partager... accéder ainsi
à l'éternité... Mais toute la nation va succomber
à la barbarie, puis à la maladie. Jusqu'à la fin,
il demeure une "mémoire vivante" pour raconter. Avec
ce livre, c'est la voix de Bernard Assiwini qui s'élève.
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