UNE SAISON A VENISE
 
Włodzimierz ODOJEWSKI
 
Traduit du Polonais par Agnès Wisniewski et Charles Zaremba
Aux éditions Les Allusifs
Paru en 2006 pour l'édition française - 2000 pour l'édition polonaise
89 pages
ISBN : 2-922868-41-9
 
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«A propos les enfants... Vous savez quoi ? J'ai oublié de vous le dire... Demain, nous partons pour Venise... »

 

Résumé :

Marek est un petit garçon qui ne rêve que d'une chose, entreprendre enfin avec sa mère ce voyage pour Venise qu'elle lui a promis. Les billets sont réservés, tout est prêt, mais en 1939, d'autres problèmes préoccupent les adultes. Marek n'aura d'autre choix que d'aller passer ses vacances chez une tante, dans la grande maison qu'elle possède à la campagne. Là, la guerre, lentement, arrive dans l'univers de l'enfant, lentement d'abord, puis elle se fait soudaine, violente, brutale. D' autres tantes viennent à leur tour, avec d'autres enfants... Un jour, l'eau envahit la cave de la maison... L'une des tantes, fantasque, emmène alors les enfants à Venise...

 

Extrait :

Après, plus rien ne fut comme avant. Le monde sembla perdre d’un coup toutes ses couleurs, il devint pâle et laid, pas plus triste, non, simplement étranger, presque hostile, il faisait peur (alors que leur magnifique saison vénitienne devait à peine commencer), c’est pourquoi des années plus tard, chaque fois qu’il évoquerait le jour où il avait entendu pour la première fois la détonation des bombes et l’écho des obus antiaériens, il aurait l’impression que c’était un moment charnière, comme si l’on avait décalé les horloges.

La réalité était là-bas, derrière la clôture du jardin et derrière la haie, alors que de ce côté-ci la propriété de tante Weronika était une sorte de scène de théâtre (elle était séparée non seulement des voisins, mai aussi de la route qui courait dans la vallée peu profonde, ainsi que de la ville qui s’étendait de l’autre côté, elle était en fait séparée de tout ce qui se passait de l’autre côté de la chaussée) ; Karola et lui, Marek, jouaient une pièce en plusieurs actes ou –comme disait grand-mère– un cycle de tableaux vivants.

Dans cette pièce, lui et Karola s’étaient attribués les premiers rôles. Ils ne l’avaient pas fait au moment où maman était partie en retenant ses larmes avec peine, ni lorsque les uhlans fatigués dormaient avec leur selle calée sous la tête, près de leurs chevaux dans la prairie embrumée, ni lorsque Wiktor était arrivé un matin à l’aube devant la porte de la demeure de la tante, sale et dépenaillé, ni lorsque son père avait fait une apparition imprévue et si brève qu’elle n’avait pratiquement pas laissé d’empreinte dans les mémoires et que déjà sa voiture filait vers la chausse encombrée.

Mais au moment où il avait entendu pour la première fois les détonation des bombes larguées par des avions étrangers à proximité de la gare et les obus qui éclataient en l’air en essayant d’atteindre leur cible.  (Pages 54-55)

 

Critique/Presse :

Le Polonais Wlodzimierz Odojewski réussit en quelques lignes à restituer cette force de l’enfance qui gomme le danger pour redessiner le rêve et le rendre plus brillant que la réalité. Son écriture n’est jamais naïve ou condescendante, elle transcrit au plus juste ce glissement vers l’imaginaire, quand le regard accepte de passer de l’autre côté du miroir. Marek n’ira jamais à Venise, la sienne est autrement plus poétique. Christine Ferniot pour Télérama

Une saison à Venise raconte avec humour et émotion une Venise réinventée au milieu de l'horreur de la guerre. Sous le couvert d'une fable, le roman de Wlodzimierz Odojewski exalte le monde de l'enfance, des rêves et surtout de l'imaginaire, dernier rempart contre l'ensauvagement du monde. Suzanne Giguère Le Devoir

Petite remarque perso : Dans la plaine calme de l'enfance de Marek, la guerre éclate. Il attendait le départ pour ce voyage avec sa mère vers Venise, il ne peut que se réfugier dans la grande maison d'une de ses tantes. Petit à petit le drame prend "réalité". Pourtant, dans l'imaginaire Venise étend ses canaux, comme dans un rêve. Un jeu d'enfant... où chacun retrouve l'espoir et la force de vivre. Le soleil d'un sourire... Quelques lampions qui se reflètent sur l'eau de la cave et un violon. Alors, posé sur les blessures, l'instant magique d'un émerveillement qui rend de nouveau la vie possible.

Ce livre est un vrai bijou. Le style, l'histoire... il rend à chacun sa part d'enfance, sa part de rêve... Il ne figure pas forcément sur la table "best-seller" de votre librairie, pourtant il surpasse en luminosité toutes les meilleures ventes ! Aussi, je le remets en avant sur la page d'accueil de mon Monde A Lire !

 

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