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| Liste des auteurs | |||
ECONOMISTE allergique à la tyrannie de l'argent, écrivain « par nécessité de vivre intensément », José Luis Sampedro, romancier espagnol parmi les plus célèbres actuellement soixante dix-huit ans, cheveux en brosse et barbe chenue qui lui donnent des allures d'abbé Pierre, est un homme d'une espèce rare. Il réconcilie étonnamment ses deux activités qu'il pratique avec une égale réussite : « Ma littérature est liée à l'économie. Faire de l'économie et de la littérature suppose qu'en se plaçant de deux points de vue différents on contemple un même objet, la vie humaine. » Rien de ce qui est humain n'est étranger à cet homme de frontière tel qu'il se présente lui-même. Ses origines, son enfance à Tanger, son travail même de fonctionnaire des douanes l'ont doté d'une souplesse, d'une ouverture et d'un cosmopolitisme exceptionnels à une époque où nombreux sont ceux qui, en Espagne ou ailleurs, militent pour un nationalisme de clocher. Résolument républicain, socialiste faute de mieux et néanmoins sénateur désigné par le roi Juan Carlos, Sampedro affirme qu'« un intellectuel indépendant ne peut qu'être anarchiste aujourd'hui ». Cet esprit subversif toujours aux aguets le gratifie d'une éternelle vitalité qui défie le nombre des années, lui garantissant une belle sérénité, celle-là même qui illumine le Sourire étrusque. Livre de l'âge mûr aux accents parfois autobiographiques, le roman se situe en Italie. Salvatore, un vieux berger calabrais, quitte à regret son village et se rend à Milan où habitent un de ses fils et sa belle-fille pour consulter les médecins sur la maladie qui l'habite et le ronge. A l'origine, son combat contre le cancer a pour objectif de gagner une seconde guerre contre un vieil ennemi, le fasciste du village, auquel il veut absolument survivre. Pourtant, cette motivation va subrepticement s'estomper au profit d'une autre bien plus noble, l'urgence de voir grandir son petit-fils et d'aimer la généreuse et attachante Hortensia. Nostalgique de ses montagnes et des saveurs du terroir, terriblement méfiant à l'égard de la ville et de ses moeurs, Salvatore vit cette expérience, comme un nouveau maquis qui requiert toute sa vigilance. Mais l'affrontement est évité, le choc amorti. Le Nord s'ouvre à son contact tant il sait intuitivement dénicher et faire éclore les germes d'humanité enfouis dans la ville insipide et bétonnée. Devenu objet d'étude au séminaire d'ethnologie de l'université, Salvatore, avec un étonnement moqueur et amusé, se voit considéré comme un mythe vivant, une survivance du passé, un vestige de l'histoire encore si chaude et vibrante en lui. Ce livre touchant et d'une tonique simplicité a connu en Espagne, depuis sa parution en 1985, un énorme succès populaire et trente-six réimpressions. C'est essentiellement rassurant. Si ce type de romans de tradition populaire - n'en déplaise à ceux qui plaident pour une littérature, « grande » autant qu'élitiste - atteint un vaste public, qui s'identifie aux valeurs qu'il véhicule, peut-être aurait-on des raisons d'être optimiste et d'y voir un sursaut de l'humanisme, un renouveau d'une certaine éthique longtemps bâillonnée par les lois inflexibles du libéralisme triomphant. MARIE-CLAUDE DANA. LE MONDE DIPLOMATIQUE | DÉCEMBRE 1994 | Page 30 http://www.monde-diplomatique.fr/1994/12/DANA/953
Est désigné "Ann Howard Shaw Lecturer" à l'université américaine "Bryn Mawr College". Devant les
déportations de professeurs de l'Université de Madrid, il
décide d'accepter un poste "de Visiting Professeur" dans
les universités anglaises Salford et de Liverpool. À son
retour demande la disponibilité à l'Université de
Madrid et publie "le cheval nu", une sátire qui lui permettra
de soulager ses frustrations devant la situation du pays.Il retourne au
Ministère des Finances comme Conseiller Économique de la
Direction Générale de Douanes. Il dispense des cours à
l'École Diplomatique, l'Institut d'Études Fiscales et à
l'Université Autonome de Barcelone. Pendant cette période
il écrit "Conscience du sous-développement" et
"l'inflation en version complète". Il retourne à la Banque Extérieure comme Économiste Consultatif. 1977 Sénateur par désignation réelle dans les premières Coupes démocratiques. Vice-président de la Fondation Banque Extérieure. 1980 Naît Miguel, son seul petit-fils, lequel inspirera son oeuvre la plus lue, "le sourire étrusque". 1984 Il retourne à la Direction Générale de Douanes, où il prendra sa retraite www.clubcultura.com - La statue
d'Adolfo Miroir |
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