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Auteur David
Bosc
"Sang
lié" est un chant singulier qui s'élève. "Rêver
– je ne dis pas la nuit – , rêver ou désirer
de marcher à grands pas, ayant aux lèvres un vaste sourire,
ça dit quoi ? Ça pourrait presque tout dire, tout contenir.
Les gestes les plus forts, les plus vifs, les plus violents, même,
toujours, ils me laissaient une impression d'incomplétude, le regret
de gestes véritables."
La liberté, alors, c’était être sur la plaine nue, en plein vent, avec vaguement, ça et là, des tas de pierres, avec au loin des arbres incertains. La liberté alors, c’était avoir peut-être le droit de se construire une cabane n’importe où sur la plaine, avec autant de cailloux et de bouts de bois qu’on en pouvait porter, pour ne plus dépérir, nuit après nuit – le droit, pensaient les uns, quand d’autres, dans les lames du vent, entendaient des ordres et des menaces, les cris d’une injonction. Certains, parmi les plus pâles, enfonçaient des piquets à la hâte, traçaient des limites dans la caillasse, roulant de tous côtés des yeux inquiets et menaçants. D’autres s’appariaient déjà, si jeunes, se faisant l’un à l’autre un abri de souffle tiède, bras, jambes, doigts mêlés ; ils se parlaient dans la bouche une langue pour eux seuls, muette et rassurante. D’autres encore, plus nombreux, formaient au hasard quelques troupeaux désemparés. Sous le soleil de midi, ils s’ouvraient doucement, se dilataient en tâche d’huile, en ronde lente, mais bientôt, dans le crépuscule ou sous la pluie, se resserraient en masse tremblante, gémissante et dure, que le froid, en chien de berger, mordait assez bien. J’en vis qui restaient seuls, comme moi, tout occupés d’images à poings fermés, de rêves. (Pages 11-12)
Le texte est précis, et en même temps entretient une sorte de constant mystère. [...] 'Sang lié' est une surprenante méditation sur l'âge ingrat, l'amour et les mots. L'Express - Daniel Rondeau - 15 Septembre 2005 C'est un premier roman étonnant de lyrisme et de puissance, qui raconte l'apprentissage de la vie par un jeune alcoolique amoureux fou. Lire - Frédéric Beigbeder - Juillet 2005 )Lyrique, poétique en diable et hors modes, le premier roman de David Bosc vous happe et vous griffe. A condition, bien sûr, d'être amateur de buisson ardent. Livres Hebdo - Alexandre Fillon - 24 Juin 2005 «Quand enfin commencèrent les jours de la jeunesse», le narrateur entame sa longue marche. Où va-t-il? On ne sait trop, en plein vent, en plein ciel, libre dans une grande prison, un «camp sans barbelés», seul au milieu d'une foule. D'où vient-il? D'une enfance qui lui a appris à se défier du langage, à ne pas le prendre trop à la lettre, de peur que «la clé des champs» couvre la campagne «de verrous». Mais les mots sont aussi une «belle verroterie» qui «palpite aux lèvres». La prose de David Bosc prend le risque d'un lyrisme oublié, d'images hardies qui renvoient à des temps lointains, à des odeurs de terre, à des forêts profondes et à des villes inconnues. Isabelle Rüf, Samedi 22 octobre 2005 - Le Temps.ch Une pure merveille pour un premier roman. On a d'ailleurs du mal à s'imaginer que cela puisse être celui d'un tout jeune auteur. Une grande maturité, un style très bien mené, des paragraphes qui se délectent avec un gôut de revenez-y. Son flot de phrases se lancent, s'emballent, se calment, et dans un reflux, nous nous lançons corps et âme (au passage, je vous recommande vivement "Corps et âme" de Conroy) dans une relecture de passage fort en adjectifs. Une vie de libraire
Petite remarque perso : Rien à voir avec ce que l'on peut avoir l'habitude de lire. Cet ouvrage est un poème. Un bijou rare, fragile, vivant. Il s'ouvre lentement une voie vers cette part de soi que peu de mots peuvent atteindre. Et le lecteur en reste émerveillé. Encore merci à Esther, libraire, qui me l'a fait découvrir sur son blog Une vie de libraire.
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