Goliarda Sapienza
Goliarda SAPIENZA
 
 
 
L'Art de la joie
 
 
Liste des auteurs
 
Quand au printemps 1996 apparut brusquement la possibilité de publier en entier L'Arte della Gioia, Goliarda, s'apprêtant à revoir ce roman vingt ans après l'avoir mené à son terme, posa devant elle une sorte d'écriteau portant les mots suivants : "Trente ans ont passé depuis que j'ai noté pour la première fois quelque chose sur Modesta. Attention Goliarda, de ne pas tomber dans le piège de l'autocensure." Note en fin d'ouvrage - Angelo Maria Pellegrino
 

BIOGRAPHIE :

Goliarda Sapienza est née à Catane, en 1924, dans une famille socialiste anarchiste. Son père, Giuseppe, avocat syndicaliste, fut l'animateur du socialisme sicilien jusqu'à l'avènement du fascisme.

Sa mère, Maria Giudice, figure historique de la gauche italienne, dirigea le Grido del popolo (Le Cri du peuple), dont Gramsci était rédacteur en chef.

Éloignée par ses parent des écoles fascistes, Goliarda reçut une éducation originale - athée et socialiste - qui ne fut pas sans conséquences sur ses choix ultérieurs. En 1940, alors âgée de seize ans, elle entre à l'Académie d'Art Dramatique de Rome, ville où elle restera jusqu'à la fin de sa vie.

Elle fut durant plusieurs années une comédienne très appréciée et travailla sous la direction de monstres sacrés tels que Luchino Visconti, Alessandro Blasetti, ou encore Francesco Maselli, qui fut son compagnon pendant dix-huit ans. Elle est restée célèbre pour son rôle d'Ersilia Drei dans Vestire gli ignudi (Vêtir ceux qui sont nus) et joua aussi dans Senso, de Visconti. Son talent était qualifié d'« absolu, terrifiant, et superbement naturel ».

À la fin des années 60, elle débute un cycle autobiographique (Lettera aperta [Lettre ouverte], 1967 ; Il filo di mezzogiorno [Le fil de midi], 1969) où elle décrit la relation complexe qui la liait à ses parents, sa jeunesse partagée entre orgueil et souffrance d'être différente. Elle y raconte aussi la vie de sa famille sous le régime fasciste, son séjour dans un hôpital psychiatrique après une tentative de suicide. Ce cycle sera plus tard complété par L'Università di Rebibbia [L'Université de Rebibbia] (1983), où elle raconte son incarcération après un vol de bijoux, Le certezze del dubbio [Les certitudes du doute] (1987), et enfin Destino coatto [Destin forcé] (2002). Mais son chef-d'oeuvre reste très certainement le roman auquel elle consacra - de 1967 à 1976 - dix années de sa vie : L'Art de la joie.

À presque soixante-dix ans, Goliarda Sapienza commença à enseigner la comédie au Centre Expérimental de Cinématographie de Rome. Elle y a laissé le souvenir d'une personne extraordinaire, insupportable, sincère et rebelle. Aujourd'hui encore, elle suscite amour et admiration chez ceux qui l'ont connue. D'aucuns la considèrent désormais comme un très grand nom de la littérature italienne du XXe siècle.

Goliarda Sapienza est décédée en 1996, quelques mois avant la parution en Italie de L'Art de la joie.

Sources : France Culture

 

BIBLIOGRAPHIE

Paru en France :

- L'art de la joie, Viviane Hamy 2005

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