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Quand
les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent. L'égal
de tous les hommes ou le valet de tous les princes: choisis. il suffit
qu'un seul homme en haïsse un autre pour que la haine gagne de proche
en proche l'humanité entière. Quand Dieu
se tait, on peut lui faire dire ce que l'on veut. Le jardinier
peut décider de ce qui convient aux carottes, mais nul ne peut
choisir le bien des autres à leur place. Moi, je sens
mon corps à peine, je ne sais pas où ma vie commence ni
où elle finit et je ne réponds pas toujours quand on m'appelle,
tant ça m'étonne, parfois, d'avoir un nom. Toutes les
guerres sont impies. Voulez-vous
que je vous dise pourquoi vous n'avez pas peur de la mort? Chacun de vous
pense qu'elle tombera sur le voisin. l'on aime
rien si l'on aime pas tout. La possession
est une amitié entre l'homme et les choses.
Aucun de
nous ne peut se sauver seul ; il faut que nous nous perdions ensemble
ou que nous nous tirions d'affaire ensemble. Est-ce que
c'est possible qu'on soit un lâche quand on a choisi les chemins
les plus dangereux ? Peut-on juger une vie sur un seul acte ? On meurt
toujours trop tôt - ou trop tard. Et cependant la vie est là,
terminée ; le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu
n'es rien d'autre que ta vie. Pas besoin
de gril : l'enfer, c'est les Autres. Ah ! comme
je suis libre. Et quelle superbe absence que mon âme. Ce que je
hais en toi, Électre, c'est moi-même. Ce n'est pas ta jeunesse
- oh non ! - c'est la mienne. Il faut avoir
peur, mon chéri. Grand-peur. C'est comme cela qu'on devient un
honnête homme. Je me sentais
moins seule quand je ne te connaissais pas encore : j'attendais l'autre.
Je ne pensais qu'à sa force et jamais à ma faiblesse. Pour aimer,
pour haïr, il faut se donner. [...] Qui suis-je et qu'ai-je à
donner, moi ? J'existe à peine, de tous les fantômes qui
rôdent aujourd'hui dans la ville, aucun n'est plus fantôme
que moi. Demain, tu
descendras vers la ville ; tu emporteras dans tes yeux mon dernier visage
vivant, tu seras le seul au monde à le connaître. Il ne faudra
pas l'oublier. Moi, c'est toi. Si tu vis, je vivrai. Ce sont les
enfants sages, Madame, qui font les révolutionnaires les plus terribles.
Ils ne disent rien, ils ne se cachent pas sous la table, ils ne mangent
qu'un bonbon à la fois, mais plus tard ils le font payer cher à
la Société. Méfiez-vous des enfants sages ! tu es à
moitié victime, à moitié complice, comme tout le
monde. Supposez
qu'on meure et qu'on découvre que les morts sont des vivants qui
jouent à être morts !
Quant aux
hommes, ce n'est pas ce qu'ils sont qui m'intéresse mais ce qu'ils
pourront devenir. Je préfère
les gens qui ont peur de la mort des autres : c'est la preuve qu'ils savent
vivre. il n'y a
pas de ciel. Il y du travail à faire, c'est tout. Et il faut faire
celui pour lequel on est doué : tant mieux s'il est facile. Le
meilleur travail n'est pas celui qui te coûtera le plus ; c'est
celui que tu réussiras le mieux. Il y a bien
des façons de séquestrer un homme. La meilleure est de s'arranger
pour qu'il se séquestre lui-même. Est-ce qu'au
fond, ce qui fait peur, dans [la philosophie existentialiste], ce n'est
pas le fait qu'elle laisse une possibilité de choix à l'homme
? l'homme n'est
rien d'autre que ce qu'il se fait. Tel est le premier principe de l'existentialisme.
l'homme est
condamné à être libre. Source : Au fil de mes lecture
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