L'écrivain Ramón J. Sender, photographié à Los Angeles en 1968. (Carles Fontsere)


Ramón J.SENDER

 

 

 

Requiem pour un paysan espagnol

Liste des auteurs

 

 

BIOGRAPHIE :

Ramón José Sender Garcés est né le 3 février 1901 (et non en 1902 comme il est souvent écrit) à Chalamera de Cinca, à l’extrémité méridionale de la province de Huesca. Sa mère y était institutrice. Mais la famille était originaire d’Alcolea de Cinca, à huit kilomètres de là, et elle s’y installe quand Ramón est âgé d’un an seulement. L’enfance et l’adolescence de Sender se passeront à Alcolea à Tauste, à Saragosse, à Alcañiz, à Huesca, autrement dit toujours en Aragon. Cet Aragon qui marque l’écrivain d’une empreinte indélébile.

Sender n’a pas dix-huit ans lorqu’il se lance dans une carrière de journaliste. Et c’est comme journaliste qu’il va être connu tout d’abord. Ses prises de positions sont courageuses, il dénonce ardemment les injustices. Il est lié aux milieux anarcho-syndicalistes.

Ses premiers livres (Imán, 1930 ; Orden público, 1931 ; Siete domingos rojos, 1932) ne font que renforcer cette image d’intellectuel engagé que son activité de journaliste donne de lui.

Pendant la Seconde République, Sender se rapproche des communistes, les estimant plus aptes que les anarchistes à lutter efficacement contre la droite revenue au pouvoir en janvier 1933. A tort ou à raison, il se le reprochera toute sa vie. La guerre civile (1936) éclate trois mois après la sortie de Mister Witt el Cantón, qui consacre définitivmeent le romancier.

Le déclenchement des hostilités surprend Sender en villégiature dans la montagne près de San Rafael. Il rejoint Madrid à travers les lignes du front tandis que son épouse, Amparo Barayón, se réfugie avec leurs deux enfants à Zamora. Elle cherche à passer au Portugal : arrêtée, elle est fusilée. Le même sort échoit au frère préféré de Ramón, Manuel, qui venait d’être élu maire de Huesca.

Vers la fin du conflit, Sender passe en France, puis au Mexique, et de là aux Etat-Unis. Il se remet à écrire tout en entamant une carrière de professeur de littérature. Et il se fait naturaliser américain –précocement ? on le lui a reproché dès 1946.

C’en est fini pour lui de l’agitation journalistique et politique. Sa vie, radicalement coupée en deux par la guerre civile, sera désormais consacrée à la publication d’œuvres (des romans surtout, mais aussi des essais et des poèmes) dont le nombre, une bonne centaine, étonne parfois et inquiète voire indispose. En dépit de cette fécondité, Sender est plutôt oublié en Espagne pendant une grande partie de la période franquiste : sort qu’il partage avec beaucoup d’autres écrivains exilés.

Sender ne revient en Espagne qu’en 1974, et n’y revient qu’à condition que soient enfin édités El Lugar de Un hombre et Requiem por un campesino español que la censure retenait depuis des années. La mort du dictateur, en 1975, permet aux Espagnols de connaître sans restrictions les textes écrits hors des frontières nationales. Sender est enfin, petit à petit, au rythme des publications, mis à sa juste place. Mais s’il retourne plusieurs fois en Espagne –il songe même à s’y établir–, il déçoit quelque peu car il n’entend pas jouer le rôle que certains semblent attendre de lui : on avait trop gardé le souvenir d’un activiste, d’un écrivain engagé, ce qu’il ne veut plus être.

Ramón Sender est mort dans la solitude à San Diego, Californie, au mois de février 1982

Sources: Editions Acte Sud

 

BIBLIOGRAPHIE :

Oeuvres traduites en français :

Contre-attaque en Espagne - 1937

Noces rouges - 1948

Le Roi et la Reine - 1955

La Sphère - 1972

Le bourreau affable - 1972

Requiem pour un paysan espagnol - 1976

Mister Witt chez les cantonards - 1979

Le Regard immobile - 1983

L'Empire d'un homme - 1986

Sources: Editions Acte Sud

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