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Liste des livres
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Auteur Denis
Guedj
Présentation de l'éditeur : Pierre Ruche, libraire à la retraite, reçoit une mystérieuse lettre d'Amazonie, écrite, peu avant sa mort, par son ami Grosrouvre. Dans le même temps, ce dernier lui lègue une fabuleuse bibliothèque entièrement consacrée aux mathématiques. Mais comment classer ces pécieux ouvrages ? Pour y parvenir, Pierre Ruche est contraint de se remettre aux maths... à 84 ans. Comment élucider le mystère de la disparition de Grosrouvre ? Pour y parvenir, Ruche, accompagné de Perrette, de Max, de Jonathan et Léa, les jumeaux, et de Nofutur, le perroquet amnésique, se lance dans un long voyage à travers l'histoire des mathématiques, depuis les Grecs ancines jusqu'à nos jours. Humour et suspense, mathématiques et littérature, pour un roman qui connaît un grand succès dans le monde entier.
« Vous souvenez-vous m’avoir demandé un jour, toi et Léa, s’il n’y avait pas de chemin plus rapide en mathématiques, c’était au sujet du théorème de Thalès… et du fellah, et toi, Jonathan, à quoi elles servaient ? demanda monsieur Ruche. Les jumeaux se redressèrent dans un bel ensemble. Pas mécontent de son effet, M. Ruche, d’un ton amène : « Eh
bien j’ai découvert qu’Euclide vous avait concocté
des réponses qui vous raviront. « Un
jour, le roi Ptolémée visitait la bibliothèque. Passant
-en revue les ouvrages, il s’arrêta longuement devant les
rayonnages où se tenaient les nombreux rouleaux des Eléments,
rangés dans leurs étuis. Se retournant brusquement ver Euclide,
il lui demanda s’il n’y avait pas une route plus courte que
celle-ci pour pénétrer dans les sujets mathématiques.
Euclide lui répondit : ‘’En géométrie,
il n’y a pas de chemin direct réservé aux rois’’.
Il fallait un satané courage pour répondre ainsi. Puis s’adressant
à Léa : Epatés par cet emploi imprévu, et justifié, du subjonctif, M. Ruche et Léa, admiratifs, hochèrent la tête de concert. –Tu m’as bien reçu, Jonathan, confirma M. Ruche. Ce… théorème que tu viens d’énoncer est vrai, non seulement pour les mathématiques, mais pour la connaissance en général. Et aussi pour les arts. –Et pour l’amour aussi, ajouta Léa –Sans
doute, sans doute. Cela me rappelle la réponse que Grosrouvre avait
fait à l’une de ses maîtresses. Cela se passait au
Tabac de la Sorbonne, le bistrot où l’on se retrouvait. Grosrouvre
était arrivé avec pas mal de retard. La fille l’attendait
avec impatience. « Qu’est-ce que tu faisais, mon chou ? »
« Je terminais une question de maths. » La fille remua la
tête en signe d’incompréhension : « Je ne comprends
pas comment tu peux passer tant de temps à faire ces choses-là.
Enfin, à quoi ça sert, tes maths ? » Elgar l’avait
regardée droit dans les yeux. Elle s’était troublée.
Il lui avait glissé : « Et l’amour, mon chou, à
quoi ça sert ? » On n’a jamais plus revu la fille.
Un voyage,
un grand voyage à travers le temps et l'espace, voilà l'impression
qui se dégage de cet ouvrage ! Après
Le monde de Sophie, Le voyage de Théo et autres sagas théologico-philosophiques,
ce sont maintenant les sciences dures qui se coltinent le genre de la
fiction. La mode du deux en un a sévi là aussi: après
le shampoing démêlant, le gel douche-crème hydratante,
les sels lavage-rinçage régénérants, voici
les romans-cours-de-maths-physique-chimie. Dans un même livre, l'amusement
et la culture, l'étude et la récré.
Petite remarque perso : Une manière originale de ramener vers les maths les nombreuses brebis égarées ! Simplement en les présentant... sous un autre angle ! Attachante histoire de ce vieux monsieur, libraire de son état, obligé de se plonger dans cet univers qu'il n'a jamais véritablement fréquenté, si ce n'est à travers son ami de fac... Monsieur Ruche avait bien sûr étudié les lettres, Grosrouvre, lui, les maths. Aujourd'hui, le vieux libraire se voit dans l'obligation de trouver un mode de classement à tous ces ouvrages rares traitant des mathématiques... Et bizarrement, il y prend plaisir parce que les maths vont chercher leurs origines dans la philosophie ? Parce qu'en redécouvrant les vieux théorèmes il retrouve finalement... toute l'histoire de la pensée humaine ? Peut-être une réconciliation finalement, entre des domaines que l'on a voulu, petit à petit, séparer alors qu'à l'origine ils étaient indissociables... comme Ruche et Grosrouvre à la grande époque de leurs études... Deux univers liés par une même passion : la connaissance... J'ai lu des critiques comparant Le théorème du perroquet au Monde de Sophie. Et j'avais pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce dernier. D'aucun disent bien entendu qu'il s'agit là d'une forme de vulgarisation qui, en associant le scientifique et le romanesque finit par manquer sa cible ? Je ne suis pas d'accord, au contraire la cible, c'est précisément un lecteur "novice" qui prend plaisir à effleurer la mystérieuse planète des maths...Je sais que je n'ai pas entre les mains un traité ou un essai, mais un ROMAN ! Et celui de Denis Guedj est passionnant, tendre, plein d'humour... mais aussi de quelques formules mathématiques et autres figures géométriques...
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