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Auteur Nikki
Gemmell
Dédicace de France Inter : Fin, une jeune journaliste de Sydney, fatiguée de sa vie citadine et des faits divers sordides, saisit l'occasion qui lui est faite de couvrir une expédition scientifique en Antarctique. Ce désert blanc, le plus inhospitalier de tous, continent de légendes et de souffrances, n'est-il pas l'une des dernières frontières de notre monde ? Durant la traversée, elle apprend à vivre dans la promiscuité du bateau, dans cette micro-société cosmopolite et essentiellement masculine où le regard de l'autre prend une importance considérable. Le monde clos du bateau et des campements a ses règles et ses tabous que Fin met à mal lorsqu'elle tombe amoureuse. Puis, la vie sur le continent sauvage se révèle à la fois dure et enthousiasmante, âpre et enrichissante. L'immensité nue et grandiose de la glace la pousse à se délester de tout ce qui l'encombre pour revenir à l'essentiel. Dans ce premier roman, Nikki Gemmell trouve les mots justes pour exprimer une émotion vraie, celle d'une jeune femme bouleversée qui, douloureusement, va apprendre qui elle est. "Je suis ici parce que l'Antarctique m'a donné le goût des déserts. Ce foutu désert, le plus dur de tous, m'a rendue accro des grands espaces, aux cieux élevés et à l'air qui vibre. C'est un besoin violent, je l'ai en moi et il ne va pas me lâcher. Parfaitement éveillée, je suis allongée dans mon sac de couchage, au milieu de cet autre désert. Le vent a soufflé toute la nuit et chassé le sommeil. J'écris sur l'Antarctique à la lueur d'une torche, à plat ventre. Tout comme j'aimais me mettre à plat ventre sur la glace."
Sur la passerelle,
une carte de l’Antarctique, d’un mètre de large, protégée
par du verre, recouvre la table. Dans certaines régions côtières,
il n’y a pas de ligne. Seulement des hachures ou du vide venant
buter sur l’assurance des traits bleus qui désignent la partie
connue du continent. Les cartographes ignorent toujours où finit
l’océan et où commence la terre sous certaines immenses
langues glacières qui mordent sur la mer. Les glaciers les tiennent
encore en échec.
Le premier
roman de Nikki Gemmel, journaliste australienne, a pour cadre l'Antarctique,
où l'auteur fit un reportage en 1995. C'est d'ailleurs la qualité
du reporter qui frappe d'abord chez ce jeune écrivain. Les préparatifs,
la longue traversée, l'organisation de la base, les horreurs du
climat, les splendeurs du paysage : tout est décrit avec une précision
parfois admirative, parfois narquoise, qui donne au lecteur l'envie d'y
aller voir en même temps qu'un salutaire avertissement sur l'inconfort
et les risques de l'aventure. Le récit touchera les voyageurs autant
que les poètes. Le froid assassin organise ce huis clos où
l'on est toujours plus ou moins tous ensemble. Petite remarque perso : Quelle belle aventure que celle de l'Antarctique. j'ai aimé les paysages de glace décrits par Nikki Gemmell. Journaliste, elle a su rendre merveilleusement bien l'ambiance qui peut régner sur un bateau de ce genre, avec son équipage embarqué pour une mission scientifique. Une cohabitation de personnages plus hétéroclites, un monde d'hommes où quelques femmes tentent de trouver leur place. Les histoires qui se nouent dans cet espace clos, dans ce temps "hors temps", dans cette bulle où se tissent des relations souvent éphémères parce que la vie, la vraie, est restée à terre avec la famille et les amis. Pourtant, dans ces conditions particulières, l'essentiel émerge comme les premiers icebergs. Il devient évident, fulgurant. Plus le froid est mordant, plus les êtres sont mis à nus. Et puis l'émotion aussi, de cet amour qui arrive comme un premier amour... |