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alphabétique Bibliothèque virtuelle |
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Auteur Damien Owens Présentation de l'éditeur :
A l’étage, je me suis joué la grande scène d’autoapitoiement pleine de fureur et d’outrance devant laquelle même un ado non désiré à la naissance se serait senti gêné. Pour commencer, j’ai claqué derrière moi –fracassé, plutôt– la porte de mon studio, faisant rebondir dangereusement le Mac sur sa petite table. Une fois la porte bien fermée, plus fermée qu’elle ne l’avait jamais été de toute son existence de porte, je suis resté immobile, lèvres retroussées en un rictus carnassier. Quand j’en ai eu marre de cette pose, j’ai arraché ma cravate et regardé autour de moi comme un malade, en quête d’un truc susceptible de survivre à une série de coups de latte énergiques. Comme rien ne m’a paru assez robuste, je me suis rabattu sur la solution de marteler le sol à deux pieds, poings serrés, à bout de souffle. Autre salve de jurons, puis déversement de fiel virulent pendant une bonne minute –au cours de laquelle j’ai moi-même été profondément choqué par la variété et l’étendue de ma grossièreté. (« Putain d’enculé de mes couilles ! », « Oh, la pute de bordel de merde ! »…) Ce numéro, le meilleur de ma carrière, s’est terminé pa une nouvelle crise gratuite de « je-me-tape-le-front » et, curieusement, par une danse des canards étrange et spasmodique, tout en torsions de cou et battements de bras. Le genre de truc qui, normalement, est accompagné d’un commentaire de David Attenborough. Il m’a
fallu un bon quart d’heure pour redescendre à un degré
de fureur présentant moins de danger pour moi-même et pour
le mobilier fragile de la « studette ». Epuisé, livide,
suant, soûl, déprimé et plein de bleus, je me suis
effondré sur mon pieu, la tête dans les mains. Ce serait
donc toujours ainsi. Il me faudrait tout laisser tomber pour m’occuper
d’une catastrophe familiale tous les quinze jours, jusqu’à
ce que je crève dans cette piaule merdique, seul, fauché,
à quarante ans et quelques ? Inutile d’espérer une
amélioration de la situation pour bientôt, à la maison
: ça n’arriverait jamais, à l’évidence.
Et j’assurerais toujours la garde en cas d’urgence, parce
que j’étais l’ « homme de la famille »,
et c’était ça qu’elles voulaient, un représentant
de la gent masculine qui soit là quand elles sont dans la merde
jusqu’au cou. Pourquoi ? Je l’ignorais, vu que ma présence
n’avait jamais fait la moindre différence. Question de parité,
peut-être… Oui, sûrement : quand tout partait en couilles,
elles tenaient à ce qu’un homme soit dans les parages sinon
il manquait un élément au tableau. (Pages 155/156) Hilarant, décapant,
faussement cynique ce roman place Damien Owens quelque part entre Armistead
Maupin et Nick Hornby mais avec une nette proximité du rire de
l’Espagnole Etxebarria. Radio
Antipodes - Emission du
14/10/2004 « Damien Owens a écrit un roman social âpre, nimbé d’humour et de tendresse, jonglant entre la verdeur d’un parler cru et la saveur d’un style classique. C’est un régal. », L’Alsace « Ces Trottoirs de Dublin laissent les rêves de Joe sur le pavé mais la comédie reste pétillante d’humour. » Le Maine libre « On rit beaucoup, on compatit aussi… Un coup d’essai (premier roman), coup de maître (Damien Owens futur grand ?). » Biba « Un
cocktail mi-figue mi-raisin bourré de tendresse et d’humour.
Un premier roman qui promet. »
Petite
remarque perso : Le roman commence dans un pub, Irlande
oblige ? Une bande de copains et Joe. Aux prises avec lui-même d'abord,
avec sa famille aussi, avec ses sentiments naissants pour une jeune femme
lors d'une rencontre "coup de poing", avec un boulot qui lui
plait de moins en moins. |