|
| "Si,
un jour, il me faut répondre à des questions sur ce
qui me reliait à lui, je relaterai cet épisode du
jeune homme, et du regard qui a suivi. Mais, bien sûr, personne
ne comprendra.
Ils emploieront des mots simples, des mots de tous les jours, pour
parler de nous, ceux qui parleront de nous. Mais ce ne seront pas
les mots qui conviennent. Non pas qu'il soit besoin de mots compliqués
ou de formules alambiquées, mais il s'agit de viser juste,
de ne pas se tromper. Eux se tromperont. Ils raconteront une histoire
et nous en auront vécu une autre" Philippe
Besson
|
Fiche
:
Auteur Philippe
Besson
Editeur Pocket
Editions Julliard 2003
Date de parution Pocket 01/2005
Collection Pocket, numéro 12030
Format 11 cm x 18 cm
ISBN 2266136062
Résumé
:
Présentation
de l'éditeur :
L'été
finit à Florence, ville des princes et des énigmes. Mon
histoire, elle, commence. Je m'appelle Luca et j'ai disparu. Deux êtres
s'en vont à ma recherche : Anna, ma compagne, tout en courage et
en douleur, et Leo, jeune homme mystérieux qu'on voit souvent rôder
aux abords de la gare. Que je vous dise : je suis mort. Pourtant, c'est
bien moi qui vous parle. " Philippe Besson (est) sans doute l'un
des meilleurs romanciers français surgis au cours de ces dernières
années [...]. Un garçon d'Italie est un roman âpre
et puissant, à lire d'urgence. " François Busnel -
L'Express.
Extrait
:
Luca
Les parfums
ne font plus frissonner ma narine : Rimbaud avait raison, mais de cela
je n’ai jamais douté.
Et la lumière me manque, la belle lumière chaude de Florence.
Oui, cette claustration dans le noir absolu me prive de ce que j’ai
goûté le plus : l’éclat du jour. Le bleu des
azurs, le jaune du soleil, tout de même, on n’a rien fait
de mieux.
Enfin, j’ai perdu depuis quelque temps déjà la faculté
de me déplacer, et celle de toucher, de palper, de caresser, d’étreindre.
Les étreintes me manquent, elles aussi. Tout se dérobe à
moi.
Je ressens singulièrement la quarantaine, une mise à l’index.
Ce confinement, à certains moments, me semble le prix à
payer pour des fautes que je ne me souviens pas d’avoir commises.
Alors, j’aime mieux croire à des exils, à des éloignements
volontaires, à une fugue que j’aurais moi-même organisée.
Je me prends à rêver à de vrais déserts, à
des horizons interminables, à des plaines infinies. J’invente
de nouveaux atlas. Ce sont d’autres identités pour la solitude.
(Page 6)
Critique/Presse
:
Ce beau livre
est une musique de chambre où les personnages écrivent la
partition d'une solitude partagée au-delà du miroir des
apparences. Bernard Morlino Lire, octobre 2003
Petite
remarque perso : Un écrivain que je découvre
: Philippe Besson.
Et quelle écriture, quelle élégance et quelle délicatesse
dans l'évocation.
J'aime la simplicité du style qui va droit à l'émotion.
L'écriture se dépouille de l'inutile, et atteint au plus
juste. Philippe Besson
aborde le thème de l'homosexualité, du couple, de la quête
de l'autre. Il manque toujours quelque chose de cet autre que l'on croit
connaître. Il demeure cette zone d'ombre, cette "intimité".
L'autopsie d'une relation triangulaire fait trembler les édifices
qui semblaient solides... Ouvrent d'autres chemins de vie... Met à
jour les hypocrisies.
Un trio, relativement classique, sauf que l'amant n'est pas l'amant d'Anna
mais de Luca.
A la suite du décès de Luca, lentement, par petites touches,
la vérité remonte à la surface, comme ce corps rendu
par le fleuve. La vérité... Et le classique questionnement,
toute vérité est-elle bonne à dire ? Bonne à
connaître ? Luca assite à tout cela. La vie l'a quitté,
mais il demeure "sensible". Son corps entame son processus de
décomposition, et parallèlement, l'histoire, elle, se recompose...
Comme un papier photo où lentement se révèle une
image multiple... Peut-être seulement le temps que tout se dénoue,
que tout se délie ? Et qu'un dernier souffle de la vie emporte
ailleurs le fil ténu des jours, la succession des saisons, la chaleur
douce du soleil de toscane...
Haut
de la page
Accueil
|
|