VIVRE POUR LA RACONTER

Gabriel García Márquez

 

 

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"La vie n'est pas ce que l’on a vécu, mais ce dont on se souvient et comment on s'en souvient"

"Aujourd'hui, je pense qu'il ne s'agissait pas de perfidies enfantines, comme on aurait pu le croire, mais de techniques rudimentaires de narrateur en herbe pour rendre la réalité plus amusante et plus compréhensible"

Gabriel García Márquez

 

Fiche :

Auteur Gabriel Garcia Marquez
Traduit de l'espagnol par Annie Morvan
Editeur Lgf
Date de parution 04/2006
Collection Ldp, numéro 30538
Format 11 cm x 18 cm
ISBN 2253116831

 

Résumé :

Présentation de l'éditeur :

Mémoires d’enfance et de jeunesse...
Dans ce roman d'une vie, à chaque page, l’auteur fait revivre les personnages et les histoires qui ont peuplé son œuvre, du monde magique d’Aracataca à sa formation au métier de journaliste, des tribulations de sa famille à sa découverte de la littérature et aux ressorts de sa propre écriture.
De ce fourmillement d’histoires où les figures hors du commun, les rencontres, les nuits blanches tiennent la plus grande place, surgit peut-être le plus romanesque des livres de Gabriel García Márquez. On y retrouve l’émerveillement de cette Colombie cruelle et fascinante où la nature, le pouvoir, l’alcool, les femmes et les rires ont un goût de folie : celui-là même de Cent ans de solitude et de L’Amour aux temps du choléra.

 

Extrait :

Presque soixante ans plus tard, alors que je tentais de reconstruire ces épisodes dans "L'Amour aux temps du choléra", j'ai demandé à mon père si, dans le jargon des télégraphistes, il existait un mot spécifique pour désigner la manœuvre permettant à un bureau d'enter en liaison avec un autre. Il n'a même pas eu à réfléchir : ficher. Le mot existe dans les dictionnaires, non au sens particulier dont j'avais besoin, mais il me tira du doute à la perfection, car la communication entre bureaux se faisait en connectant une fiche au tableau du terminal du télégraphe. Je n'en ai plus reparlé à mon père. Mais peu avant sa mort, quand dans une interview pour la presse on lui a demandé s'il aurait aimé écrire un roman, il a répondu oui, mais qu'il y avait renoncé le jour où je l'avais interrogé sur le mot ficher parce qu'il avait découvert que le roman auquel je travaillais était celui qu'il aurait voulu écrire. (Pages 70-71)

Il est difficile d'imaginer à quel point on vivait alors à l'ombre de la poésie. C'était une passion frénétique, une autre manière d'être, une boule de feu qui allait d'elle-même de toutes parts. Il nous suffisait d'ouvrir le journal, même aux pages économiques ou à celle des tribunaux, ou de lire dans le marc de café au fond de notre tasse, et la poésie était toujours là, qui nous attendait pour s'occuper de nos rêves. De sorte que pour nous, les aborigènes de toutes les provinces, Bogotá était la ville où vivaient les poètes avant d'être la capitale du pays et le siège du gouvernement. Nous croyions en la poésie, nous étions fous d'elle et, comme l'avait écrit Luis Cardoza y Aragón, nous savions au plus profond de nous-mêmes qu'elle est "l'unique preuve concrète de l'existence de l'homme

Et une petite phrase en forme de citation "universelle" : L'intuition populaire découvre toujours la vérité, même là où elle ne saurait être"

Critique/Presse : Voir le dossier sur l'auteur.

Petite remarque perso : Une autobiographie ? Plutôt une épopée. Une foison de personnages et de situations, le sourire, la tendresse, la cruauté. De l'enfance dans une famille nombreuse et haute en couleurs, à l'âge de jeune adulte, s'abreuvant de poésie et de littérature comme de sources vitales, en passant par les années d'école, de lycée, d'université... Les apprentissages, les amitiés, les amours, la famille omniprésente, les lieux, les moments graves traversés par la Colombie... Les engagements, les choix... Poésie, littérature, journalisme... La vie comme une rivière impétueuse.
Quel style et quelle énergie
! A aucun moment je n'ai eu l'impression de lire une autobiographie, plus romanesque que n'importe lequel de ses romans !
Sa vie... telle qu'il l'a vécue ? Non, bien sûr, telle qu'il s'en souvient. Et la citation qu'il met en exergue prend toute sa signification, d'ailleurs, ne devrait-elle pas figurer en exergue de toute autobiographie ? D'autant que le récit est émaillé de ce genre de petites phrases qui à chaque fois laissent le doute s'insinuer sur la véritable réalité des événements tels qu'ils sont écrits. Pourtant, au delà de cette véracité, dans l'exagération ou le silence, presque paradoxalement, l'auteur fait preuve d'une immense sincérité. La réalité n'était peut-être pas exactement celle-ci dans les faits, mais elle l'était sans aucun doute les souvenirs. Cela donne à ces mémoires une autre dimension. Belle et émouvante.

Une jolie manière de retrouver l'univers de García Márquez et d'assister à la naissance de l'oeuvre incontournable de l'écrivain. Une galerie de portraits savoureuse et excentrique... Des situations dramatiques ou cocasses, la vie ne semble pas y être simplement "racontée", mais elle "explose" entre chaque page du livre. Oui, une épopée à dévorer sans retenue.

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