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Auteur Gabriel
Garcia Marquez
Présentation de l'éditeur : Mémoires
d’enfance et de jeunesse...
Extrait : Presque soixante ans plus tard, alors que je tentais de reconstruire ces épisodes dans "L'Amour aux temps du choléra", j'ai demandé à mon père si, dans le jargon des télégraphistes, il existait un mot spécifique pour désigner la manœuvre permettant à un bureau d'enter en liaison avec un autre. Il n'a même pas eu à réfléchir : ficher. Le mot existe dans les dictionnaires, non au sens particulier dont j'avais besoin, mais il me tira du doute à la perfection, car la communication entre bureaux se faisait en connectant une fiche au tableau du terminal du télégraphe. Je n'en ai plus reparlé à mon père. Mais peu avant sa mort, quand dans une interview pour la presse on lui a demandé s'il aurait aimé écrire un roman, il a répondu oui, mais qu'il y avait renoncé le jour où je l'avais interrogé sur le mot ficher parce qu'il avait découvert que le roman auquel je travaillais était celui qu'il aurait voulu écrire. (Pages 70-71) Il est difficile d'imaginer à quel point on vivait alors à l'ombre de la poésie. C'était une passion frénétique, une autre manière d'être, une boule de feu qui allait d'elle-même de toutes parts. Il nous suffisait d'ouvrir le journal, même aux pages économiques ou à celle des tribunaux, ou de lire dans le marc de café au fond de notre tasse, et la poésie était toujours là, qui nous attendait pour s'occuper de nos rêves. De sorte que pour nous, les aborigènes de toutes les provinces, Bogotá était la ville où vivaient les poètes avant d'être la capitale du pays et le siège du gouvernement. Nous croyions en la poésie, nous étions fous d'elle et, comme l'avait écrit Luis Cardoza y Aragón, nous savions au plus profond de nous-mêmes qu'elle est "l'unique preuve concrète de l'existence de l'homme Et une petite phrase en forme de citation "universelle" : L'intuition populaire découvre toujours la vérité, même là où elle ne saurait être" Critique/Presse : Voir le dossier sur l'auteur. Petite
remarque perso : Une
autobiographie ? Plutôt une épopée. Une foison de
personnages et de situations, le sourire, la tendresse, la cruauté.
De l'enfance dans une famille nombreuse et haute en couleurs, à
l'âge de jeune adulte, s'abreuvant de poésie et de littérature
comme de sources vitales, en passant par les années d'école,
de lycée, d'université... Les apprentissages, les amitiés,
les amours, la famille omniprésente, les lieux, les moments graves
traversés par la Colombie... Les engagements, les choix... Poésie,
littérature, journalisme... La vie comme une rivière impétueuse.
Une jolie manière
de retrouver l'univers de García
Márquez et d'assister
à la naissance de l'oeuvre incontournable de l'écrivain.
Une galerie de portraits savoureuse et excentrique...
Des situations dramatiques ou cocasses, la vie ne semble pas y être
simplement "racontée", mais elle "explose"
entre chaque page du livre. Oui, une épopée à dévorer
sans retenue. |