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Titre : Le
voile Noir
Un jour, Anny Duperey a levé Le Voile noir (Seuil) sur la disparition tragique de ses parents. Depuis, on sait qu'avant d'écrire un mot elle laisse toujours à la porte le narcissisme du comédien. Pour mieux se concentrer sur ce don que sa fréquentation des meilleurs, Giraudoux, Colette, Oscar Wilde, Mandiargues ou Godard, a aiguisé en elle: l'observation subtile et l'écoute fraternelle des autres. Un voile
noir. Celui dont son père, photographe, recouvrait l'appareil pour
les rassembler tous, à jamais, dans sa boîte. Celui qu'elle
dut porter, si tôt, à l'enterrement de ses jeunes parents.
Celui surtout qui s'abattit sur sa mémoire pendant d'interminables
années... Jusqu'à ce jour où Anny Duperey ose enfin
ouvrir ce tiroir de commode qui renferme les photos de son enfance, mutilée
par l'accident domestique, si scandaleusement banal, qui tua ses parents.
En feuilletant l'album familial, elle nous livre cette angoisse si longtemps
retenue, mais aussi l'amour, la joie de palper ces êtres adorés,
par les images qu'ils ont laissées et les mots qu'ils ont fait
naître en elle. Leur dédier
ce livre me semble une coquetterie inutile et fausse (...). Sans doute
parce qu'obscurément je leur en veux d'avoir disparu si jeunes,
si beaux, sans l'excuse de la maladie, sans même l'avoir voulu,
quasiment par inadvertance. C'est impardonnable.
Quatrième
de couverture Première et dernière lettre à ma mère & Deuil
A lire absolument ce magnifique livre d’Annie Dupérey, paru aux Editions Le Seuil. L’auteur, à travers un texte poignant, part à la recherche de ses parents tragiquement et trop tôt disparus. Les belles photos de son père, photographe, soulèveront peu à peu le voile noir tombé sur sa mémoire. Avec pudeur et émotion nous découvrons avec elle le passé enfoui pendant de si longues années. © Entretiens sur l'Education, 2000 Un an après la publication du Voile noir Anny Duperey réunit dans le livre Je vous écris, certaines des lettres que ses lecteurs lui ont envoyées. En voici une: Comme vous
doutiez de la finalité de votre livre, je doute de l'utilité
de cette lettre. J'ignorais,
je ne voulais pas voir la place qu'ils occupent dans ma vie. Je me refusais
à les reconnaître. Mes parents étaient mes souffre-douleur
désignés, ils étaient des étrangers gênants
à éviter, ou pire, à haïr. Ils n'existaient
pas. Mais plus que tout, votre témoignage hurlant m'a éclaté à la figure, une petite bombe savamment dosée, votre témoignage m'a flanqué une vraie gifle. Ce vers
quoi désespérément vous tendez, je l'ai sous les
yeux, je le côtoie jour après jour. Alors qu'après
trente-cinq ans de séparation vous ne pouvez toujours pas vivre
sans eux, moi comme une enfant gâtée qui casse tous ses jouets,
je les évince, tout en sachant pertinemment qu'au moindre petit
bobo, ils sont là. Après avoir lu votre livre, c'était
un devoir moral impérieux de voir mes parents avec d'autres yeux
plus responsables... Anny DUPEREY,
Je vous écris, 1993 - extrait Epreuve de français du Petite remarque perso : J'ai été vraiment surprise de découvrir dans l'écriture d'Anny Duperey une telle force. Elle se dévoile complètement, se met à nu, et c'est cette petite fille de huit ans bouleversée qui s'infiltre au plus profond de nous. Tout est dit et jamais la sensation d'impudeur. Une sorte de "magie" qui, à travers l'écrit thérapeutique rétablit ce contact avec nous même que nous perdons si souvent dans notre quotidien. Oui, une petite fille nous guide en cherchant dans de vieilles photos noir et blanc des indices qui l'aiderait à comprendre, à accepter, pour enfin pouvoir vivre. Elle ouvre doucement la boîte des souvenirs qu'elle a perdus, qu'elle a enfouis au plus profond de cet elle-même entouré depuis si longtemps d'un épais voile noir... Et petit à petit, d'opaque le tissu devient transparent puis lumineux. Beaucoup d'émotion dans ce livre-là et l'envie de dire merci. Pour tout. |
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