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Vers la vague assagie, des impulsions toujours freinées toujours retenues. un excès de sel ou d'ombres une forêt d'algues peut-être ?
Arrêt soudain du vent si ce n'est le froissement d'une aile encore invisible. Arrêt du mouvement sur une montée d'eau, une lêchure sur rocs et falaises.
Corps attaché mains nouées les pieds sont nus entravés. L'élan du buste, une ligne cassée lasse avide cependant.
Lui de chair eux actifs, lui vertical eux assis, sans partage de solitude.
Des voix se lèvent et l'attirent le bercent et le nomment. Enchaîné, comment répondre ? Et pourquoi répondre ? Il sait le mirage.
Naît un songe bâti d'images et de brûlures.
Tissu et plis mouvants voici une femme lente nourrie de chants nourrie d'attente. Les voix trompeuses en prennent l'accent en endossent les courbes.
L'exil noue. Le chant vrille et perce. Le pays n'est pas loin où sont ses racines. Là une femme lente tisse et détisse l'alliance l'enracinement. Lui ici par des liens tenu mordu cisaillé.
Sa faim gronde. Dans ses veines les voix éclatent et battent les mots cognent pays langue natale
femme. Peau sèche sur l'ossature émacié usé nu au plus profond, il crie. Sa voix traverse les autres voix sa voix le cloue.
Il dit son nom à l'eau aux nues à la terre au loin. Il crie son nom pour contrer le souffle des voix mensongères. En son intime il caresse son nom pour lui seul. Ses mots n'ont ni racines ni ailes.
Son visage grêlé de voyages est livide. Dans sa nuit dans sa
transe son corps n'est qu'attente, désir dans l'attente.
Les liens se relâchent un
peu. Lui résiste. Son âme a rejoint l'autre. Plus rien ici ne l'attirera.
août- sept 2003 Agnès Schnell Agnès Schnell © son site perso MARJAS n'est plus accessible actuellement |
Le rocher Ortach - Encre de Victor Hugo - 1864 |