|

Le souffle de ta vie.
Il ne pleut plus… Le songe a quitté mes pensées
Comme s’en va l’oiseau, en d’autres cieux, danser
Lorsque à l’exquise extase où je te cherche encor
Il ne me reste plus que l’ombre de ton corps !
Il ne pleut plus… ni même une bruine sauvage
Maintenant que la vie a parcouru mon âge
Et, qu’en d’autres là-bas, tu comptes tes années
A ton regard-enfant que l’amour a cerné !
Maintenant, maintenant dessinés les soleils
Aux rideaux effrangés de mon cœur en sommeil
Comme un vieil artifice aux couleurs délavées
Ou cette plage enfouie aux rues encor pavées
De la folle existence, au pas-à-pas des mots
Dont j’appris les secrets à mesure des maux,
Et ce rituel absous de mes désinvoltures
Qui n’est rien, aujourd’hui, de ce que « toi-moi » furent !
Il ne pleut plus… et l’aube, en ses demie pensées,
N’effleure que bien peu, d’un éclat insensé,
Mon âme aux petits lieux de mes ruines étranges
Où galvaude ton ombre en quelques reflets d’ange
Sur le murmure épris de mon cœur à ton cou
Dont le rythme lassé se réveille d’un coup
Là, quand il ne pleut plus et que je sens, sournois,
Le souffle de ta vie, en ma vie, qui se noie !
Alain Girard
Je suis un saltimbanque.
J’ai trouvé mon refuge où se noie ma mémoire
En ce vieux vin de vie qui tait tous les grimoires,
Ces piètres dévotions que balbutie l’histoire
Où l’on aurait voulu le chant de la guitare !
Je m’abreuve d’un rien et m’occulte d’un tout
Et les mains qui s’en vont comme de vieux « surtout »
Les mains décalcifiées, les mains de l’ignorance,
En leurs gestes épris, ne savent la souffrance !
Vous êtes la rimaille et je vais grimaçant
Là où vous écrivez tout ce que je ne sens,
Modulée votre extase est une raison d’être
Et la mienne, ce soir, ne saurait vous connaître !
J’ai bu, la mort dans l’âme et l’âme mise à mort,
En bien d’autres lointains, en bien d’autres remords,
Connu, ne soit permis, l’arme blanche et le feu
De ces prisons nourries de l’homme et de son peu !
Que sied-il, à vos vies, à vos gestes éteints,
Qui eut, en quelque endroit, un sourire au matin ?
Vous qui vous promenez de poésie en rêve
Et n’offrez à personne un doux lieu, une trêve !
Je vous agresse – eh quoi ? – je suis un saltimbanque
Qui – mutilé des vies – se mutile une banque
Et, par ses gestes-pluies, ses incompréhensions,
S’écrie : « j’écris le cri de Ma Révolution ! »
Les pourquoi de l’horreur n’égalent le mensonge
Et l’autrefois des jours où vous fûtes des songes,
L’autrefois, abreuvée au vieux vin de la vie,
Dégueule de vos mots, en geste inassouvi !
Alain Girard
Le site d'Alain Girard : Des mots au monde
Retour
|