Je
n’aurai jamais le temps
Le martèlement dans les zones
Rouges sang
Et les murmures se crient
En longues griffures sur les chairs nues
La guêpe de la nuit
En habit de noces
Promène son abdomen sur le grain
De la peau endormie.
Je n’aurai jamais le temps.
L’obsession, citron de l’âme,
Sur la voie lactée des corps
Répète sa litanie
Sans que jamais l’oubli n’apaise les désirs.
Je n’aurai jamais
le temps.
Ondine
Ma bouche
est muette comme celle d’Ondine
Et je tais ton nom.
Tu ressembles encore à l’aveugle de Thèbes
Tes yeux n’ont pas de couleur.
Comme Eurydice je n’entends que ton pas puissant
Ta démarche m’est inconnue.
Demain peut-être mes nuits se peupleront de ton nom
Demain peut-être je sentirai ton odeur
Et connaîtrai l’étreinte de tes bras
Demain peut-être je sortirai de la pierre.
A
Matisse
Je serais ce violoniste
qui joue à la fenêtre
Derrière les volets bleus
Ma musique monterait jusqu’aux nuages
Et la tristesse glisserait
Sur mon costume jusqu’à terre
Où elle dessinerait une tache de deuil.
La beauté sortirait à
peine de l’eau
Je viendrais la sécher
Avec des éponges bleues.
Je jetterais à ses pieds des bouquets
Trop vite coupés.
Et je pleurerais de son parfum évanoui.
Elle ne bougerait pas,
Ni statue, ni femme,
La beauté lointaine sortie de l’eau.
La souffrance tombait sur ses épaules
arrondies
Sa robe de lin décelait les sanglots accumulés
Elle se taisait et retenait ses mains entre ses cuisses fermées.
Greta sortie de l’enfance bourgeoise
S’enferme dans le deuil du désir.
Trois fois
murmuré
Trois fois dessiné
Trois fois perdu
Il est là dans mes rêves verts
Il est là dans les rues violettes
Il est là dans la vie noire.
Corinne
Jeanson©
Le blog de corinne : http://felixmartin.blogg.org