Trois poèmes de Martine Thomas



Photo-montage d'après une photographie de Martine Thomas


Envol

J’ai vu son âme s’envoler
Et jusqu’au paradis monter
Elle était blanche, immaculée


Sur une main elle s’est posée
Puis autour d’elle a regardé
Elle ne semblait pas effrayée


Au loin un rideau de bonheur
Tissé dans une étrange lueur
Qui reflétait les âmes de cœur


Sur la main quelqu’un a soufflé
Et pour l’aider à s’envoler
Doucement le bras a bougé


Alors lueur s’est dissipée
Derrière on pouvait distinguer
Le rideau légèrement levé


Quand son envol elle reprit
Aidée par cette main amie
Elle disparut vers l’infini

 
 

Point de poing

Ombre furtive d’un pommier géant
Tu calmes la douleur de ma peau
Que tous les rais d’un soleil méchant
Ont osé balafrée sang et eau


J’ai rêvé, au creux de tes grands bras
Qu’un cauchemar je faisais, éveillée.
Martelée, tes fruits tombaient sur moi
Personne ne m’entendait appeler


L’enfant s’est rebellé dans mon ventre
Dans mon âme, dans ma chair féconde
Et je n’ai rien pu faire que l’entendre
La blessure dans mon sang est profonde


Les coups résonnent encore comme des ras
Sur la peau du tambour de mon corps
Cadencés par des cris de l’au-d’là
Gémissements d’un fou au dehors


Je te promets, toi qui vis en moi
Une ligne parfaite sans un poing
Que ton corps et mon corps seront roi
Jusqu’à la fin des temps et plus loin

 
 

Alphabétisation


Ignorance des lettres
Osez donc franchir
La porte du paraître
Seul compte l’avenir


Les unes après les autres
Voyelles cadencées
Alphabet devient vôtre
Consonnes balancées


Les syllabes sursautent
Quand elles sont prononcées
Sans même faire une faute
Tant et tant espéré


On grimpe sur les mots
On accroche une phrase
Même le ton est beau
On danse sur l ’ e x t a s e


Puis vient le temps du point
Et celui d’la virgule
Qu’on applique avec soin
Sans peur du ridicule


L’écriture est fidèle
Et la lecture le sait
Ne pas faire de zèle
Et toujours imager


Les lettres on les dessine
Et les mots les écrit
Parfois on les devine
Amour-propre conquis


Savoir noircir une page
Pouvoir ouvrir un livre
Lorsqu’est bien passé l’âge
Ça peut vous rendre ivre

   
Martine Thomas©
Son blog : Mot à mot et plus
 

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