Le bleu des arbres

 

Aquarelles d'Arlette Lorenzi (Baci)

 

 

 

Dis ? ? te souviens tu, te souviens ti,
De ces soleils/pluies incessants, du vent frisson,
Des roses, papillons et abeilles pour l'occasion
Parés de leurs merveilles. Quand le parvis
Est ensoleillé, y reviennent les hirondelles,
D'amour s'envolent colombes même sans ailes,
Les murmures de la terre sont pleins d'espoir,
De vert, les fleurs s'ouvrent, leurs fragrances
S'offrent par vibration des corolles, sortent du noir
Cieux émoustillés, nuages, parfois blanc. La science
Du coeur entend l'univers graver sa symphonie...

Dis ? ! te souviens tu, te souviens ti,
Du temps du radieux, de l'après printemps,
Le temps de l'été qui déchausse, déshabille,
Où parfois, en voulant trop en faire, la fleur de feu
Brûle la terre, la chaire, puis monte le sang
De Gaia qui tend à se rebeller, oscille
Les corps soumis à l'orage, coupe les cieux
Avec éclairs... puis reviennent douces nuits,
Les journées soupirantes, où lune et étoiles
Miroitent, chamade pousse le joviale,
Où l'ombre des arbres sont rêvés du puits.

Dis ? ! te souviens tu, te souviens ti
De ce bout de vent, ce vent
Qui se balance et avec pieds grandit,
Qui tourbillonne et dépose
Les feuilles, par les branches chant
Transporte, amène à la rose,
Par terre, larmes des cieux, pour nourrir
Cristal... ce bout de vent qui raisonne
Avec les fruits de la saison, par automne,
De peur de s'y perdre, partir
Ont préféré les hirondelles, ailleurs
Retrouver l'calme, en harmonie d'leur coeur...
A l'aubade languissante, s'ouvrent et se ferment
Les fenêtres, les ramages se font bohème.

Dis ? ! te souviens tu, te souviens ti,
De ces morceaux gelés, glacés,
Sur les fils ondulés et sur les toits,
Déposés... le vent petit à petit
A amené les étoiles du ciel givrées,
Parfois de "simples" perles d'émois
Fondues, autour des fleurs assoupies
Formant un voile nourricier, les recouvrant
Pour qu'elles s'ouvrent au printemps,
Que d'amour elles éclosent à la vie...
Mais l'hiver s'est avancé en se gardant bien
De demander à la cohorte son avis,
Infligeant son sort... pour en faire fi,
Nos coeurs au chaud se sont couvert les mains...

Dis ? ! te souviens tu, te souviens ti,
De ce que cela fait de voir les bourgeons
Germer de nouveau, d'humer les créations
Qui sortent de leur immobilité, la vie
Par écrins d'or inspirer la passion ?

Dis ? ! te souviens tu, te souviens ti,
De ce que cela fait de voir les changements,
De garder au fond éveiller son coeur d'enfant,
D'avancer et de rester soit pour sourire de vie ?...

Saisons filent, souvenirs de chaire et d'esprit y font
sursit...

© Février 2003

 

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