Impressions

Le petit pont de bois
Se perd dans les feuillages
Les saules mille fois
Penchés en bavardages
Ont pleurés leur tristesse
Effleurant le murmure
De l’onde enchanteresse

Envahie de verdure

Là quelques nénuphars
Evoquent les nuances
D’une grande œuvre d’art
Les jeux de transparence
Perdus aux frondaisons
Frissonnent les alliances
Des jeunes floraisons

J’aime à venir le soir
Poser sur ce jardin
Le doux de mon regard
Et frôler de ma main
Les larmes du grand saule
Qui s’épenche toujours
Et vient à mon épaule
Glisser ses mots d’amour

Le peintre aura laissé
Dans le tremblé de l’air
L’émotion devinée
D’une belle lumière

L’heure est silencieuse
Quelques touches de bruit
A peine plus troubleuses
Que l’ombre de la nuit
Qui lentement s’avance
En reflets allongés
Un soupçon de garance
Sur l’opale rosée
L'émeraude au jardin
Sombre en obscurité

Avant qu’il soit demain
Je ferme un peu les yeux
Et au creux de ma main
Je sens le trait soyeux

D’un songe nymphéas

Le peintre est là je crois

 

Régine©

 

Illustration : Nymphéas à Giverny - Alain Le Toquin

Musique de fond : I can't say - Yuko Ohigashi