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Rêve
de mer
Juste
où la rivière
Se donne à la mer
Avant la grande barrière
Juste où la rivière
S’éclaire
La
brume sur
l’aube tranquille
Se mêle à l’eau d’une aquarelle
Quand le matin presque immobile
Brode ses fragiles dentelles
Lentement
se défait la nuit
Le continent accroche au ciel
Ses écheveaux de rêves gris
Piégés par le premier soleil
Une
île se dresse aux aurores
Il bruine un rayon de lumière
Le vent accroche ses trésors
Aux piqués d’un oiseau de mer
A
l'heure où
le matin frissonne
Un homme se glisse aux miroirs
Un air que le large fredonne
Vient s’amarrer à sa mémoire
C’est
une voix et c’est un chant
Qui s’amplifie aux basses terres
Et parfois dans un éclat blanc
Tremble une forme singulière
Est-ce
réel est ce légende
Est-ce étonnant jeu de lumière
Une ombre marche sur la lande
Une ombre file sur la mer
Il
est des jours où l’homme avance
Et s'offre aux caresses des flots
Il tangue quelques pas de danse
Effleurant à peine les eaux
Il
valse à perdre la raison
Il tourne et tourne et tourne encore
Il valse aux lignes d’horizon
Où déjà se dilue l’aurore
De l’île la vision est
troublante
D’un homme au visage noyé
Dans la chevelure mouvante
D’un songe aux allures de fée
Brusquement
la danse s’achève
Sur une vague d'amertume
L'ombre et le chant n'étaient qu'un rêve
Un rêve de vent et d'écume
L'homme est debout sur la jetée
Les yeux perdus dans l'océan
Déjà dans les couleurs tremblées
S’étire un jour évanescent
Juste
où la rivière
Se donne à la mer
Avant la grande barrière
Juste où la rivière
S’éclaire
Aux
confins de l'imaginaire
Régine©
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