|
Transparences
Quand
le fleuve déborde aux berges inondables
Et que la crue s’étend en reflets virginaux
Nul ne sait si le bleu que trop de gris accable
Est encore bleu de ciel ou bien s’il est bleu d’eau
Les arbres mis à nu par l’automne
et l’hiver
Hérissent leur ramure en toute invraisemblance
Les racines au ciel les branches tendues vers
D’improbables lavis noyés en transparence
Une barque parfois vient
rider le miroir
Séparant brusquement d’un trait d’une rature
L’onde qui se répand du matin jusqu’au soir
La barque infiniment étend sa déchirure
La surface un instant agite
ses mouvances
Dans l’étrange quiétude le cri d’un échassier
Puis la vie se referme en vagues de silence
Tout devient immobile aux fragiles vesprées
Ce paysage étrange
semble perpétuel
Comme si rien jamais ne pouvait le troubler
Mais la nuit qui s’avance atteindra le soleil
Pour que l’eau s’évapore aux chaleurs de l’été
Régine©
- Juin 2004
|