C’était l’été

Le soleil embrasait les portes d’occident
Répandant ses dorures en flots incandescents
La nuit sur la marée déjà posait ses bleus
Ses outremers profonds ses turquoises soyeux

C’était l’été

L'océan murmurait inlassable sa plainte
Les ombres vespérales resserraient leur étreinte
Le rythme régulier d’une respiration
Tremblait le crépuscule en faible pulsatio
n

C’était l’éte

Mes pas disparaissaient au sable de la grève
Et sous ma promenade frémissaient quelques rêves
Mon cœur très lentement se trouvait envahi
Par de vieux souvenirs au goût de nostalgie

C’était l’été

Il faisait doux encore à fouler les soieries
De la houle mourant en glissés infinis
Sur ma joue la caresse d’une brise saline
Emportait mon regard aux brillances marines

C’était l’été

Ce soir-là ressemblait à tous les autres soirs
Le temps se disloquait en fragments illusoires
Et tous les grains de sable dispersés au rivage
En d’autres sabliers composaient d’autres plages

C’était l’été

En moi se soulevaient des vagues d’émotion
Et je m’abandonnais à cette sensation
Qui effaçait un peu les contours de mon corps
Pour le fondre aux nuances de l’immense décor

C'était l'été

Et j’étais cette écume à la crête des flots
J’étais ce bleu intense répandu sur les eaux
J’étais ces ors poudrés qui fardaient l’horizon
J'étais ce battement et ce souffle profond

J'étais l'été

Régine©


 

Illustration : Crying Lady Rock - Alain Thomas

Musique de fond : Spooky - Yuko Ohigashi