Orage d’été

 

L’ondée s’abat soudain au plus chaud de l’été
Les éclairs déchirent le ciel déjà sombre
Puis le tonnerre gronde jusqu’à faire trembler
Les arbres que la pluie fardent de gris et d’ombre

Je suis dans le vacarme à contempler l’orage
A humer ses odeurs aux multiples fragrances
D'étranges silhouettes peuplent le paysage
De fantasmagories droit sorties de l’enfance

L’ocre a chassé le vert sur le flanc du coteau
Le soleil au zénith a brûlé les feuillages
Mais l’averse ruisselle en milliers de canaux
De fins voiles de brume se mêlent aux nuages

Et la saison déjà semble nous prévenir
Bientôt il en sera fini de ces soirées
Où les yeux aux étoiles dans la nuit qui s’étire
Nous allons pour un rêve toucher la voie lactée

Dans la vallée l’orage suit son itinéraire
Et résonne aux montagnes qui lui servent d’écho
Demain la transparence d’une belle aube claire
Aura tout effacé du souvenir de l’eau

Demain il fera beau au chaud de ton sourire
La rivière de tes yeux sera tendre berceau
Je m'y allongerai pour mieux t’entendre rire
Puis je m’endormirai sur le grain de ta peau

Car mon plus bel été bien sûr c'est ton amour
Et mon soleil radieux allume ton regard
Mes longues randonnées se font sur les contours
De ton corps qui s'étend au creux de ma mémoire


Régine© - Août 2004


 

Illustration : Foudre - Pierre Paul Feyte©

Musique de fond : Granados: Spanish Dance No.2 - "Oriental", Op.37 No.2