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Emigrants
Comment dire les
brumes sur la contrée nouvelle
Les yeux écarquillés la larme d’émotion
Comment dire le frisson d’un long battement d’aile
L’haleine du matin soufflée sur l’horizon
Il y a si longtemps
sur un autre bateau
Dans le profond silence de l’aube qui se lève
Sur l'étrave glissée au partage des eaux
Des hommes récoltaient la moisson de leurs rêves
Dans la paume serrée
un peu de terre natale
Dans le regard perdu la folie de l’espoir
Dans les muscles bandés l’énergie ancestrale
Et tant de souvenirs gravés dans les mémoires
Au
flot exubérant des grandes transhumances
Ces passagers d’hier parfois viennent encore
Iriser nos regards d’étranges transparences
Et jeter aux mouettes un peu de poudre d’or
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