Sous le vent

 

J’étais assise
Juste sous le vent
Et cette brise
Caressait doucement
Ma joue un peu trop pâle
J’ai fermé les yeux
Ombres vespérales…

Au lointain de mes songes s’est posé l’horizon
Dressant d’un trait brutal ses ultimes limites
Puis tout un paysage de couleurs et de sons
S’est inventé le long de la ligne de fuite

Vallées plaines ruisseaux vibraient sous le soleil
Aux heures transparentes d’une pure clarté
Il faisait indolence juste au bord de l’éveil
La vie s'alanguissait aux chaleurs de l’été

En moi comme un écho une alliance profonde
Entre ce que j’étais et les lieux alentours
Légère sur le souffle qui embruissait le monde
Entraînant vers la nuit les effluves du jour

Les frontières humaines s’effaçaient lentement
Et mon corps apaisé se fondait dans les choses
Pulsation infinie d’un univers troublant
J’étais l’arbre et le temps le respir et la rose

Je m’étais endormie
Juste là sous le vent

 

 

Régine© - 15 octobre 2004

Illustration : Photo Pierre Paul Feyte© - Site Kitao

Musique de fond : Chopin