Esquif de lumière

 

Dans la nuit étoilée une frêle lumière
Sous la toile amarrée au rebord de la terre
Quelques ombres mouvantes esquissent fugitives
Toute la démesure que la flamme ravive

Comme est fragile ici le respir de l’enfant
Comme est ample le sein pour l’endormissement
Comme est beau le regard de la femme sereine
Et comme à son visage patience est souveraine

Vaste monde alentour aux confins infinis
Là-bas un être veille quand un s’endort ici
Vulnérable présence dans cette immensité
Psalmodie régulière du silence tremblé

La vie poursuit sa course aux multiples errances
Le pas des hommes au loin accélère sa cadence
Mais là dans le secret de la toile dressée
Se joue la fulgurance du temps d’éternité

 

 

 

 

Régine© - 02 novembre 2004

Illustration : Photo Martin Beaulieu©

Musique de fond : Litz Paysage