Il est parfois des rêves qui demeurent longtemps…

 

Sur l’onde cotonneuse d’une écume de mer
S’allongent en troupeau des masses impavides
Enfant sur la falaise dans la clarté limpide
Je rêvais qu’ils étaient animaux de mystère

J’imaginais leurs joutes à l’heure où la nuit pose
Sur le monde endormi ses ombres de secrets
Et je tendais l’oreille dans le vent de nordet
Qui glissait au silence leur plainte virtuose

Dans le petit matin frileux de l’océan
Juste après le sommeil je m’en venais déjà
Retrouver mes amis de granit et de vent

Longtemps j’ai voulu croire qu’aux vesprées de velours
Leur léthargie rocheuse s’animait de respir
Et que le vent d’hiver était leur chant d’amour

Il est parfois des rêves qui demeurent toujours…

 

 

 

Régine© - 07 novembre 2004

Illustration : Vents et marrées - Philip Plisson©

Musique de fond : Wagner