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L’heure africaine
Quand monte la nuit africaine
A l’instant où la terre répand
Ses parfums lourds et enivrants
J’entendais aux cordes lointaines
Vibrer des phrasés envoûtants
En syncopés brisés de vent
~ ~ ~
Le ciel hachuré de violet
Brouillait lentement les contours
La lumière tanguait au reflet
D’une ombre couchée sur le jour
La musique plaquait ses accords
Sur l'amplitude du silence
Posant ses tempêtes sonores
Au rythme inédit d’une danse
Les sons lentement instillés
Anesthésiaient toute conscience
Et le mouvement endiablait
La rapidité des cadences
Enivré de notes et de chants
L’instant se résumait alors
A ce tempo étourdissant
Qui se propageait en mon corps
Combien de temps suis-je restée
Accrochée à la démesure
Des dissonances exacerbées
Aux abords de la déchirure
Et puis le calme est revenu
Comme l’eau claire sur l’incendie
Le sortilège s'est rompu
Au vide abrupte d'infini
~ ~ ~
Quand monte la nuit africaine
A l’instant où la terre étend
Ses secrets soufflés en longs voiles
J’entendais battre dans mes veines
Aux antiphonies des étoiles
Un grand silence assourdissant
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