Photo Régine©

 

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« Mignonne allons voir si la rose »
J’ai rêvé en lisant Ronsard
Mignonne si jamais tu n’oses
Demain déjà sera trop tard

 

La rose et le soleil


Au cercle mystérieux de soie et de parfum
Quand le premier rayon de soleil se penche
Tel un amant heureux retenant à sa main
La caresse frôlée aux courbes d’une hanche

A l’heure où dans l’azur nacré du petit jour
La rose à peine ouverte se déploie lentement
Pétale après pétale jusqu’en son cœur velours
Pour s’offrir généreuse au désir du galant

Dans l’intimité douce d’une nature complice
Abri d’ébats floraux et de baisers solaires
Le silence se pose en pluie sur le calice
A l’instant où se mêlent les formes familières

Mais le grand jour déjà brise l’enchantement
Le soleil se retire plus haut vers le zénith
La rose garde empreinte d’un rai incandescent
Sur sa chair végétale où le désir palpite

 


 

Poème à la rose

 

Etendue aux corolles d’une rose trémière
Portée par le frisson d’un léger courant d’air
Je me tenais absente aux murmures alentours
Qui emplissaient l’espace et le temps et le jour

Que parlent les bavards que crient les coléreux
Que chantent les chanteurs et que rient les joyeux
Je me perds dans mon rêve en ondes parfumées
Lentement balancée de chaleur et d’été

A peine le bruissé quand l’abeille butine
Le tremblé duveteux d’une aile qui satine
Puis le reflet diaphane d’un diapré de lumière
Qui ondule et se couche au bord de la rivière

J’ai rêvé tout ce temps au doux lit de la rose
Empreintes immobiles sur mes paupière closes
Au calice suave d’un long après midi
En ses velours troublants je m’étais endormie

 

 
 

Encre rose

 

Sur la joue-pétale
Perle de rosée
Glisse le cristal
Goutte de passé
Le cerne d’opale
Empreinte nacrée
S’ombre vespéral
De soie irisée

Derrière la fenêtre
Tremble une clarté
Entre avoir et être
Ou avoir été
Il y a ton âme
A mon cœur mêlé
Une gente dame
Un preux chevalier

Au rond de lumière
La plume dessine
Des mots éphémères
De dentelle fine
Vois c’est un poème
Ce feston-velours
Si j’écris je t’aime
Tu liras toujours

Sur la joue-pétale
Perle d’émotion
Glisse végétale
La fleur de passion
Au papier grenu
L’encre a révélé
Tout ce que j’ai tu
Tout ce que tu sais

 

 

La rose et le poète

 

Il est une rose au jardin
Dont les pétales de velours
Se couvrent au petit matin
De myriades de mots d’amour

On dit qu’il fut au temps jadis
Un poète qui l’aima tant
Qu’il la coucha avec délice
Sur ses pages de papier blanc

Il l’effeuilla jusqu’à plaisir
Un peu beaucoup passionnément
A l’aube il lui disait Désir
Et au crépuscule Tourments

La rose au feuillet étendue
Devint le plus beau des poèmes
Mignonne à la fleur défendue
Céda dès le premier je t’aime

Depuis ce jour sur le rosier
Dans la fraîcheur de l’aube claire
L’épanouie porte pensée
Des mots du poète en sa chair

Il est une rose au jardin
Dont les pétales de velours
Se couvrent au petit matin
De myriades de mots d’amour



Régine© - Juin 2005

Image : collection personnelle

Musique : Asthedee