If
Je revois
le grand parc aux arbres centenaires
Bruissant du souvenir des chevaliers d’antan
On y croisait parfois dans un puits de lumière
Des ombres promenant sur le souffle du temps
Aujourd’hui
de ce lieu ne reste que décombres
Et la désolation s’étire sur le val
Le passé fut glorieux mais l’avenir est sombre
Ne demeure désormais que cet If magistral
Bientôt
sous la folie d’un ultime décret
Il sera abattu sans égard pour son âge
Et les dames jolies du joli temps passé
Ne viendront plus rêver au couvert des feuillages
L’avenir
est en marche et rapproche les hommes
L’asphalte imprimera sa cicatrice noire
Mais faut-il pour cela d’un dernier coup de gomme
Effacer le passé dont l’if garde mémoire
Indifférent
et noble en sa belle attitude
Il dresse
encore ici sa haute silhouette
Le vent chantait aux branches que la saison dénude
En été sous l'ombrage musardait le poète
N’avons-nous
pas devoir de porter à demain
Ce qu’hier patiemment nous avait réservé
Nous tenons le futur dans le creux de nos mains
Et l’arbre est le symbole de la pérennité
(Poème
pour "l'If de Chantemerle, un arbre historique, un patrimoine
naturel du Périgord, de l'Aquitaine et de la France. Il se
trouve sur le tracé de l'autoroute A89. Il vit depuis près
de 400 ans dans un petit parc d’environ 2 hectares. Tous les
autres arbres du parc, parfois centenaires, ont été
abattus " ) |