Ecarter doucement les nuages
T
endre la soie du ciel de nuit
Oublier l’instant    Ouvrir grand les yeux
Il survient alors une sensation
Lumineuse et fraîche…
Elle glisse à la lisière des rêves
Semblant presque un baiser

Mars 2006

 
 
 
 

Vertige

Dans le vaisseau du temps qui passe
Lancé à l’amble des saisons
J'ai voyagé en cet espace
Retenu d’un trait d’horizon
 
Penché sur ses lambeaux de nuit
Tout un monde s’en va dormant
Pendant qu’un autre est ébloui
Des premiers éclats du levant

Les hirondelles sont parties
Pour leur migration régulière
Le poète n'a-t-il pas dit
L'automne est printemps de l'hiver
 
Bien au delà des finistères
Le cercle de lune promène
Du sable doré de lumière
Tombée d’une étoile lointaine
 
Deux saisons et je danserai
En équilibre au bord du ciel
Et  vertige    me glisserai
De l’autre côté du soleil

26/09/2006

 
   
   
   

Astrés

 

                                                A Monsieur l'Astronome

 

Les étoiles vous disent tant de mots que j’ignore
Elles parsèment vos songes d'infimes traînées d’or
Fragments luminescents de souvenirs futurs
Vos mondes intérieurs sont bruissés de murmures
 
J’ai vu l’assaut du jour aux portes d’orient
Et le ciel se mêler à l’eau de l’océan
Effleurant le silence de fractales tremblées
Symbiose aux solitudes des aurores rosées
 
Les étoiles vous disent tant de mots délicieux
Quand vous tendez l’oreille vers l’infini des cieux
A nos tempes déjà le temps fait sa moisson
Les couleurs aux collines annoncent la saison
 
Les étoiles s’effacent à l’aube qui se lève
N’est ce pas le réveil qui invente le rêve
J’aime lire ces histoires que vos lointains astrés
Tracent sans le savoir sur nos pages lactées

22/09/2006

   
   
   

L'origine du mot "désir" est sidus -pluriel sidera- ... astre(s)

   

 

Désir étymologique


Désir
Désir de nuit profonde aux crêtes des nuages
Quand le ciel se découvre et retire ses voiles
Une femme se penche aux balustres d’opale
Son joli teint de lune tremble le paysage

Désir

Mot d’étoile cueilli au bord des univers
Etamine aspirée au souffle du voyage
Accompli par ta main tendue vers le visage
De cette fleur de ciel qui brûle tes paupières

Désir
Une constellation allume son regard
Le temps transi soudain s’ouvre d’imaginaires
Il irradie tes songes d’un éclat de lumière
Puis glisse entre ses lèvres des semences d’espoir

Désir
Ton corps limpide et pâle enveloppé d’hiver
Bruisse d’étés brûlants de rivières de forêts
Inépuisable sève sous l’écorce gonflée
Aux portiques du ciel explose la lumière

Désir
Si les étoiles parlent à qui sait les entendre
Elles disent peut-être quelques histoires d’enfance
Projetant le passé aux écrans du silence
Genèse révélée des mystères d’un mot tendre


02/03/2006

   
   
   
Etoffe d'étoiles

Une étoffe d’étoiles ondoie au ciel d’été
Tissée de nuit profonde et d’astres lumineux
Amarrée  d’infini  la grande voie lactée
Enlumine mes songes d’éclats mystérieux

Mon épaule dessine une ligne légère
Horizon de tendresse où dorment tes baisers
L’obscurité les tient comme frissons de mer
Qu’une plage lointaine garderait prisonniers

Les premières lueurs caressent le matin 
Les couleurs s’entremêlent en fragiles mouvances
Mon rêve s’éparpille et au creux de ma main
Un pétale de rose déflore le silence

J’ai tenu dans mes bras les étoiles et la nuit
Bruissées d'ombres mobiles aux larmes d'un grand saule
Dans l’aube renaissante je n’entends que le bruit
De ton souffle niché au creux de mon épaule


15/06/2006
   
   
   
Miroir de lune

Miroir de lune pâle où des bribes de rêves
Se perdent aux langueurs métalliques du vent
Cascade de lumière où l’opale relève
Les contrastes plaqués aux spirales du temps

Miroir de lune pleine en reflets quadrillés
Sur la page blanchie que le poète arbore
Quand il trempe incertain sa plume à l’encrier
Quelques soupçons d’acier et une pointe d’or

Miroir de lune rousse éclats de transparences
L'instant vient se heurter aux brèches de lumière
Un reflet outremer une once de silence
A la fenêtre où brûlent nos imaginaires

Miroir de lune neuve au-dessus de la ville
Cité mystérieuse en ses quartiers obscurs
La lune se déverse en ombres immobiles
Que la nuit vient parfois hérisser de murmures


21/12/2005
 
   
   
   
 
Semeur d'étoiles

J’ai tenu les étoiles dans le creux de ma main
Filantes de lumière au satin de la nuit
J’ai semé leur poussière sur le petit matin
Juste à l’heure où le jour s’ensemence de bruits

J’ai tenu les étoiles ? Peut-être est-ce chimère
Je regarde ma paume Elle est de rose et d’ambre
Nulle trace d’étoile en cet écrin de chair
Seule l’aube s’allume aux volets de la chambre

Semeur de temps qui passe aux nuits de notre enfance
Conteur d’histoires folles peuplées de souvenirs
Je sens parfois peser le fardeau de l’absence
Sur ces ombres fragiles qui tremblent nos sourires

Aux brumes de l'aurore la nuit se penche un peu
Effleurant le matin de caresses d’opale
Le ciel rosit et prend doux plaisir à ce jeu
Rien ne reste pourtant j’ai tenu les étoiles…


04/05/2006
   
   
   
Etoiles de mer


Je marchais

Rêvant sous les opales
D'une voie sidérale

Le ressac

Déchirait le silence
Et rythmait la cadence

De mon pas


J’allais seule

Sans but et sans soupir
Sans même un mot à dire

Sans pensée

Le bruit de l’océan
Grondait au firmament

Régulier


Je buvais

La lumière lactée
Du dôme constellé

D’étoiles


Et j'offrais

Mon visage ébloui
Aux heures infinies
D'une nuit estivale


09/03/2006
 
 
 
 

Coupole aux étoiles

Qui sait lire les étoiles ne perd jamais le Nord
Aux  infinis du ciel je vais rêver souvent
Dans la soie de la nuit je me drape et m’endors
Puis je perds la notion de l’espace et du temps

Qui sait lire les étoiles sait les mondes lointains
Et rencontre souvent ces éclats de lumière
Venus des origines voyageant vers demain
Mémoires mystérieuses des fonds de l’univers

Qui sait lire les étoiles aux coupoles ouvertes
Sait des histoires que nul jamais ne m’a contées
Le silence est bruissant de mille découvertes
Le silence raconte à qui sait l’écouter

Qui sait lire les étoiles en oublie-t-il les choses
Dans les jardins célestes brille tant de beauté
Qu'est peut-être trop simple l’éclosion de la rose
Ou du coquelicot aux lèvres de l’aimé

Je sais lire les étoiles aux iris ambrés
De ton regard penché au miroir de mes yeux
Dans le creux de ma main un peu d’éternité
Tremble encore la promesse d’un matin de ciel bleu

Mars 2006

   
   
   

Lune au château

L’heure tardive revêt ses reflets satinés
Indigo nuancé de mauves et de gris
Le paysage étire sur le papier glacé
Ses secrets patiemment tissés au ciel de nuit

Une ramure frissonne sur l’onde indélébile
De l’image gravée à ma mémoire d’enfant
Une longue balustre de pierre se profile
Son ombre en perspective frôle le firmament

La lune s’arrondit en belle plénitude
Enlumine d’opale les lignes singulières
D’un pétale de gel éclos au crépuscule
Que l’aurore parera d’un diamant de lumière

C’est une sensation à l’orée du sommeil
Des fantasmagories peuplant l’imaginaire
Le murmure d’un conte aux contrées des merveilles
Tout empoudré de neige et pétrifié d’hiver …

Il était une fois un pays de lumière
Où la lune tremblait les forêts de cristal
Une dame venait aux balustres de pierre
Et ses longs cheveux sombres posaient nuit sur le val

28/12/2005

   
   
   

"L’homme n’invente l’éternité de son existence que dans les sentiments qu’il partage."
Marc Levy
~ ~ ~


C’est en regardant les étoiles
Les yeux perdus au ciel de nuit
L’âme glissée sur la grand voile
Des voyages vers l’infini

Vagabondage au grand silence
Du spectacle de l’univers
Il tremble sur nos existences
Ecumes de ciel et de mer

C’est au mystère des pléiades
Un soir d’été ample et profond
Où constellations en cascades
Offraient superbe exhibition

J’ai compris que l’éternité
N’existait qu’au battement sourd
Des nos caresses murmurées
Au corps vibrant de nos amours

C’est en regardant les étoiles
Au grand chemin des galaxies
Tissées de nos chairs à la toile
Incandescente de nos vies

12/07/2005

 
   
   
 

Lagune

Galaxie-coquillage aux Lagunes des nuits
Quand l’été lentement éclaire le firmament
Nous perdons un instant les contours et les bruits
Pour boire la voie lactée au ciel incandescent

J’aime à me perdre ainsi quand le soir se prolonge
L’obscurité-velours en écrin aux étoiles
Sur le rebord du temps palpitent quelques songes
Leur vertige trembleur tisse nos estivales

Se sentir minuscules face aux immensités
Et tendre innocemment nos mains vers l’inconnu
Frotter aux infinis nos cœurs égarés
Désarmés de mystère et nos regards à nus

Eparpillée d’absence j’ai perçu le respir
Lointain et régulier de l’espace stellaire
Si d’autres solitudes peuplent nos avenirs
Du passé nous n’avons pas reçu leur lumière

Du temps ou de l’espace où se trouve la source
Je ne perçois ce soir que l’écho du silence
Mon regard se promène au bord de la grande ourse
Le mystère demeure et mon rêve s’élance

01/07/2005

   
   
   

Rêverie lunaire


Je suis allée danser sur un rayon de lune
Un petit pas de deux
Une brise légère ébouriffait la dune
Et mêlait mes cheveux

Le pâle halo lunaire projetait sur la plage
D’étranges ornements
Etirant ses opales en curieux assemblage
D’ombre et d’enchantement

Je me suis reposée au velours de la nuit
Allongée dans ses draps
Le velours était doux je me suis endormie
Dans les creux de ses bras

Puis me suis éveillée dans un rai de lumière
Sur l’horizon de feu
Tu posais un baiser au bord de mes paupières
Pour que j’ouvre les yeux

De ma main entrouverte s’est échappé un rêve
Et tu l’as recueilli
L’empreinte de nos pas a tracé sur la grève
Une ligne de vie

Août 2004

 
 
 

Vertige stellaire

Les grandes nébuleuses
Accoucheuses d’étoiles
Déchirent lumineuses
Nos longues nuits sans voile

J’ai trouvé la poussière
D’un inconnu lointain
Posée au vent stellaire
La voici ce matin
Tout au creux de ma main

Un fragment d’infini
Une bouffée d’hier
Qui m’arrive aujourd’hui
Piégée dans la lumière
D’un mystérieux voyage

La vague vient mourir
Sur le lit de la plage
Je me laisse éblouir
Par les soleils fugaces
De cette voûte immense
Ils tremblent dans l’espace
Et m’offrent leur brillance
Ivresse du silence
Dont l’étreinte frémit
Au souffle du mystère
Et je frémis aussi

Au bord des finistères
Doux manteau d’irréel
Je garde entre mes doigts
Minuscule parcelle
Cette poussière là
Et je ferme les yeux
Vertige délicieux


Janvier 2004

 
 
 
 
 

Et puis refermer les nuages
Tirer les voiles du sommeil
Oublier le jour… fermer les paupières
Il survient alors cette lueur
Lointaine et proche
Eclatante
Serait-ce... Une étoile ?

19/10/2006

 

Régine Foucault© - Octobre 2006

Site Inspirations

Musique de fond : Chopin