Le site de Pierre Paul Feyte Au bord des contes Ephémère Premiers flocons

Photographies de Pierre-Paul Feyte

Site Kitao

 

 

____________________________________

 

 


 

 

 

Au bord des contes

 

Au sommet du coteau le village s’irise
Des roses que l’aurore étalent sur le ciel
Les maisons en étreinte au clocher de l’église
Emergent lentement des eaux de l’aquarelle

Au bord du paysage dansent encore les fées
Elles viennent à la nuit se mirer aux brillances
Du petit lac blotti aux lisières des forêts
Qui bordent la contrée des contes de l’enfance

La nuit tremble et s’ébroue il est l’heure du soleil
Mais l’instant immobile s’engourdit sur l’aurore
Quelques rayons transpercent le pays des merveilles
Dans un instant le jour étincellera d’or

Il est des heures fragiles qui ne s’oublient jamais
Des étoles de brume des perles de rosée
Des écrins de mystère au joyau d’un clocher
Il est des heures fragiles qui sont éternité

 
     

 

 

 

 

Premiers flocons

 

Il tombe sur l’hiver de légers plumetis
Le fusain des ramures s’en va griffer le ciel
Qui mêle à l’horizon ses camaïeux de gris
Il tombe sur l’hiver des houppes en kyrielle

Le silence alentour déroule ses tentures
Et absorbe les bruits par doux enchantement
Il peut faire blancheur il peut faire froidure
Le silence alentour est un apaisement

Chaque pas dans la neige semble une découverte
Le sourire retrouvé de quelque souvenance
Dans le pré un cheval et ma venue l'alerte
Chaque pas dans la neige est un plaisir d'enfance

Son respir animal tremble un peu de chaleur
Quand j’approche ma main de son front hésitant
Il m’ouvre son regard jusqu’au fond de son cœur
Son respir animal est doux comme un printemps

J’avance à pas feutrés et je tends mon visage
Au duvet que l’hiver répand en abondance
Puis tout s’évanouit au blanc du paysage
J’avance à pas feutrés en crissé de silence

C’est un instant magique et je veux le garder
Dans ma mémoire toujours pour en dire l’émotion
Le glissé émouvant d’un mot sur le papier
C’est un instant magique que ces premiers flocons

 
     

 

 

Ephémère

 

L’aurore s’engourdit aux givres de l’hiver
Dans le miroir tremblé d’une nature captive
L’infini d’un instant sur le bord du mystère
Et la route se perd dans la lumière vive

C’est un conte qui s’ouvre à nos imaginaires
Quelques sons délicats lancés sur le silence
Un drapé de cristal aux festons éphémères
Un charme qu’a jeté la saison en dormance

Mais déjà dans le ciel l’azur ronge le gris
Et ouvre une tranchée à travers les ramures
Un rayon de soleil et tout s’évanouit
Et la forêt retire sa blanche chevelure

Mais l’instant s’est gravé sur le miroir gelé
Où viennent au matin parfois danser les songes
Il laisse son empreinte au cœur émerveillé
Et par le souvenir la magie se prolonge

 
     
 

Régine© 17/01/2005

Musique : Schuman