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Marguerite Yourcenar (anagramme de Crayencour, qu'elle imagine elle-même à l'âge 15 ou 16 ans) est née en Belgique en 1903. Orpheline de mère à la naissance, elle est élevée par son père et reçoit une éducation strictement privée. Elle passe son adolescence dans le Midi de la France et fait de longs séjours à l’étranger. C'est d'ailleurs son père qui financera sa première publication : Le Jardin des chimères. Elle publie son premier roman , Alexis ou le traité du vain combat en 1929, l'année de la mort de son père. A partir de 1950; elle réside à Petite Plaisance, dans l’île des Monts-Déserts (Mount-Desert Island). Les célèbres Mémoires d'Hadrien publiées en 1951 marqueront le début d'un succès qui se confirmera en 1968 avec L'Oeuvre au noir. L'histoire et la mythologie sont des thèmes qui lui sont chers. Peu lui importe les siècles qui la séparent de ses héros, ses livres sont autant de passerelles ouvertes sur le temps qu'elle emprunte avec brio. Grand Prix national des Lettres en 1974, elle fut la première femme élue à l'Académie Française en 1980 : "Toutefois, n’oublions pas que c’est seulement il y a un peu plus ou un peu moins d’un siècle que la question de la présence de femmes dans cette assemblée a pu se poser. En d’autres termes c’est vers le milieu du XIXe siècle que la littérature est devenue en France pour quelques femmes tout ensemble une vocation et une profession, et cet état de choses était encore trop nouveau peut-être pour attirer l’attention d’une Compagnie comme la vôtre. Mme de Staël eût été sans doute inéligible de par son ascendance suisse et son mariage suédois : elle se contentait d’être un des meilleurs esprits du siècle. George Sand eût fait scandale par la turbulence de sa vie, par la générosité même de ses émotions qui font d’elle une femme si admirablement femme ; la personne encore plus que l’écrivain devançait son temps. Colette elle-même pensait qu’une femme ne rend pas visite à des hommes pour solliciter leurs voix, et je ne puis qu’être de son avis, ne l’ayant pas fait moi-même. Mais remontons plus haut : les femmes de l’Ancien Régime, reines des salons et, plus tôt, des ruelles, n’avaient pas songé à franchir votre seuil, et peut-être eussent-elles cru déchoir, en le faisant, de leur souveraineté féminine Elles inspiraient les écrivains, les régentaient parfois et, fréquemment, ont réussi à faire entrer l’un de leurs protégés dans votre Compagnie, coutume qui, m’assure-t-on, a duré jusqu’à nos jours ; elles se souciaient fort peu d’être elles-mêmes candidates. On ne peut donc prétendre que dans cette société française si imprégnée d’influences féminines, l’Académie ait été particulièrement misogyne ; elle s’est simplement conformée aux usages qui volontiers plaçaient la femme sur un piédestal, mais ne permettaient pas encore de lui avancer officiellement un fauteuil. Je n’ai donc pas lieu de m’enorgueillir de l’honneur si grand certes, mais quasi fortuit et de ma part quasi involontaire qui m’est fait ; je n’en ai d’ailleurs que plus de raisons de remercier ceux qui m’ont tendu la main pour franchir un seuil." Extrait de son discours de réception à l'Académie Française Elle décède à Bar Harbor, Etats-Unis le 17 décembre 1987. "Soyez pour vous-même une lampe. » Soyez-le pour vous, et s’il se peut pour ceux que vous rencontrerez. Elle a tant aimé la liberté et la lumière, toute liberté, toute lumière, même reçues de la souffrance ! Souvenez-vous de ce cri de sa jeunesse : « Solitude... Je ne crois pas comme ils croient. Je ne vis pas comme ils vivent. Je n’aime pas comme ils aiment.. Je mourrai comme ils meurent." Et ce fut son destin. (FIn de l'éloge rendu à Marguerite Yourcanre par JD Bredin) Sources de l'article : Gallimard, le site de l'Académie Française, A la lettre, Wikipédia, canal académie. |
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1921 : Le jardin des chimères |
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